LA MAIN DANS LA MAIN : ÉLÈVES + ENSEIGNANTS + PARENTS = ÉDUCATION ASSURÉE
 
البوابةاليوميةس .و .جبحـثقائمة الاعضاءالتسجيلدخولالرئيسية
المواضيع الأخيرة
بحـث
 
 

نتائج البحث
 

 


Rechercher بحث متقدم
احصائيات
هذا المنتدى يتوفر على 8639 عُضو.
آخر عُضو مُسجل هو said fatih فمرحباً به.

أعضاؤنا قدموا 86890 مساهمة في هذا المنتدى في 16902 موضوع
التبادل الاعلاني
احداث منتدى مجاني
روابط مهمة
عدد زوار المنتدى
Maroc mon amour

خدمات المنتدى
تحميل الصور و الملفات

شاطر | 
 

 Un père nourricier

استعرض الموضوع السابق استعرض الموضوع التالي اذهب الى الأسفل 
كاتب الموضوعرسالة
alaa eddine
عضو متّألق
عضو متّألق


الإسم الحقيقي : ALAA EDDINE KENNOU
البلد : MAROC

عدد المساهمات : 9593
التنقيط : 45778
العمر : 20
تاريخ التسجيل : 11/10/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: Un père nourricier   الأربعاء 02 مارس 2011, 19:46

Un père nourricier
Je m’étais approché pour l’embrasser à mon tour, mais du
bout de son bâton il m’arrêta.
« Qu’est-ce que c’est que celui-là ? Tu m’avais dit…
— Eh bien oui, mais… ce n’était pas vrai, parce que…
— Ah ! pas vrai, pas vrai…»
Il fit quelques pas vers moi son bâton levé et instinctivement
je reculai.
Qu’avais-je fait ? De quoi étais-je coupable ? Pourquoi cet
accueil lorsque j’allais à lui pour l’embrasser ?
Je n’eus pas le temps d’examiner ces diverses questions qui se
pressaient dans mon esprit troublé.
« Je vois que vous faisiez Mardi gras, dit-il, ça se trouve
bien, j’ai une solide faim. Qu’est-ce que tu as pour souper ?
— Je faisais des crêpes.
— Je vois bien ; mais ce n’est pas des crêpes que tu vas donner
à manger à un homme qui a dix lieues dans les jambes.
— C’est que je n’ai rien : nous ne t’attendions pas.
— Comment rien ; rien à souper ? »
Il regarda autour de lui.
« Voilà du beurre. »
Il leva les yeux au plafond à l’endroit où l’on accrochait le
lard autrefois ; mais depuis longtemps le crochet était vide ; et
à la poutre pendaient seulement maintenant quelques glanes
d’ails et d’oignons.
« Voilà de l’oignon, dit-il en faisant tomber une glane avec
son bâton ; quatre ou cinq oignons, un morceau de beurre et
Hector Malot
2
nous aurons une bonne soupe. Retire ta crêpe et fricasse-nous
les oignons dans la poêle. »
Retirer la crêpe de la poêle ! mère Barberin ne répliqua rien.
Au contraire, elle s’empressa de faire ce que son homme
demandait, tandis que celui-ci s’asseyait sur le banc qui était
dans le coin de la cheminée.
Je n’avais pas osé quitter la place où le bâton m’avait amené ;
appuyé contre la table, je regardais.
C’était un homme d’une cinquantaine d’années environ, au
visage rude, à l’air dur ; il portait la tête inclinée sur l’épaule
droite par suite de la blessure qu’il avait reçue, et cette difformité
contribuait à rendre son aspect peu rassurant.
Mère Barberin avait replacé la poêle sur le feu.
« Est-ce que c’est avec ce petit morceau de beurre que tu vas
nous faire la soupe ? » dit-il.
Alors, prenant lui-même l’assiette où se trouvait le beurre, il
fit tomber la motte entière dans la poêle.
Plus de beurre, dès lors plus de crêpes.
En tout autre moment, il est certain que j’aurais été touché
par cette catastrophe, mais je ne pensais plus aux crêpes ni aux
beignets ; et l’idée qui occupait mon esprit, c’était que cet
homme qui paraissait si dur était mon père.
« Mon père ! mon père ! » C’était le mot que je me répétais
machinalement.
Je ne m’étais jamais demandé d’une façon bien précise ce
que c’était qu’un père, et vaguement, d’instinct, j’avais cru
que c’était une mère à grosse voix, mais en regardant celui
qui me tombait du ciel, je me sentis pris d’un effroi
douloureux.
J’avais voulu l’embrasser, il m’avait repoussé du bout de son
bâton, pourquoi ? Mère Barberin ne me repoussait jamais lorsque
j’allais l’embrasser, au contraire, elle me prenait dans ses
bras et me serrait contre elle.
« Au lieu de rester immobile comme si tu étais gelé, me dit-il,
mets les assiettes sur la table. »
Sans famille
3
Je me hâtai d’obéir. La soupe était faite. Mère Barberin la servit
dans les assiettes.
Alors, quittant le coin de la cheminée, il vint s’asseoir à table
et commença à manger, s’arrêtant seulement de temps en
temps pour me regarder.
J’étais si troublé, si inquiet, que je ne pouvais manger, et je le
regardais aussi, mais à la dérobée, baissant les yeux quand je
rencontrais les siens.
« Est-ce qu’il ne mange pas plus que ça d’ordinaire ? dit-il
tout à coup en tendant vers moi sa cuiller.
—Ah ! si, il mange bien.
—Tant pis ; si encore il ne mangeait pas. »
Naturellement je n’avais pas envie de parler, et mère Barberin
n’était pas plus que moi disposée à la conversation ;
elle allait et venait autour de la table, attentive à servir son
mari.
« Alors tu n’as pas faim? me dit-il.
— Non.
— Eh bien, va te coucher, et tâche de dormir tout de suite ;
sinon je me fâche. »
Mère Barberin me lança un coup d’oeil qui me disait d’obéir
sans réplique. Mais cette recommandation était inutile, je ne
pensais pas à me révolter.
Comme cela se rencontre dans un grand nombre de maisons
de paysans, notre cuisine était en même temps notre chambre
à coucher. Auprès de la cheminée tout ce qui servait au manger,
la table, la huche, le buffet ; à l’autre bout, les meubles propres
au coucher ; dans un angle, le lit de mère Barberin ; au coin
opposé, le mien qui se trouvait dans une sorte d’armoire entourée
d’un lambrequin en toile rouge.
Je me dépêchai de me déshabiller et de me coucher. Mais dormir
était une autre affaire.
On ne dort pas par ordre ; on dort parce qu’on a sommeil et
qu’on est tranquille.
Or, je n’avais pas sommeil et n’étais pas tranquille.
Hector Malot
4
Terriblement tourmenté au contraire, et de plus très
malheureux.
Comment, cet homme était mon père ! Alors pourquoi me
traitait-il si durement ?
Le nez collé contre la muraille, je faisais effort pour chasser
ces idées et m’endormir comme il me l’avait ordonné ; mais
c’était impossible ; le sommeil ne venait pas ; je ne m’étais
jamais senti si bien éveillé.
Au bout d’un certain temps, je ne saurais dire combien,
j’entendis qu’on s’approchait de mon lit.
Au pas lent, traînant et lourd, je reconnus tout de suite que
ce n’était pas mère Barberin.
Un souffle chaud effleura mes cheveux.
« Dors-tu ? » demanda une voix étouffée.
Je n’eus garde de répondre, car les terribles mots : « je me
fâche », retentissaient encore à mon oreille.
« Il dort, dit mère Barberin ; aussitôt couché, aussitôt
endormi, c’est son habitude ; tu peux parler sans crainte qu’il
t’entende. »
Sans doute, j’aurais dû dire que je ne dormais pas, mais je
n’osai point ; on m’avait commandé de dormir, je ne dormais
pas, j’étais dans mon tort.
« Ton procès, où en est-il ? demanda mère Barberin.
—Perdu ! Les juges ont décidé que j’étais en faute de me trouver
sous les échafaudages et que l’entrepreneur ne me devait rien. »
Là-dessus il donna un coup de poing sur la table et se mit à
jurer sans dire aucune parole sensée.
« Le procès perdu, reprit-il bientôt ; notre argent perdu,
estropié, la misère, voilà ! Comme si ce n’était pas assez, en rentrant
ici je trouve un enfant. M’expliqueras-tu pourquoi tu n’as
pas fait comme je t’avais dit de faire ?
— Parce que je n’ai pas pu.
— Tu n’as pas pu le porter aux Enfants trouvés ?
— On n’abandonne pas comme ça un enfant qu’on a nourri
de son lait et qu’on aime.
Sans famille
5
— Ce n’était pas ton enfant.
— Enfin je voulais faire ce que tu demandais, voilà précisément
qu’il est tombé malade.
— Malade ?
— Oui, malade ; ce n’était pas le moment, n’est-ce pas, de le
porter à l’hospice pour le tuer ?
— Quand il a été guéri ?
—C’est qu’il n’a pas été guéri tout de suite. Après cette maladie
en est venue une autre : il toussait, le pauvre petit, à vous fendre le
coeur. C’était comme ça que notre pauvre petit Nicolas est mort ;
il me semblait que, si je portais celui-là à la ville, il mourrait aussi.
— Mais après ?
— Le temps avait marché. Puisque j’avais attendu jusque-là,
je pouvais bien attendre encore.
— Quel âge a-t-il présentement ?
— Huit ans.
— Eh bien ! il ira à huit ans là où il aurait dû aller autrefois, et
ça ne lui sera pas plus désagréable.
— Ah ! Jérôme, tu ne feras pas ça.
— Je ne ferai pas ça ! Qui m’en empêchera ? Crois-tu que
nous pouvons le garder toujours ? »
Il y eut un moment de silence et je pus respirer ; l’émotion me
serrait la gorge au point de m’étouffer.
Bientôt mère Barberin reprit :
« Ah ! comme Paris t’a changé ! Tu n’aurais pas parlé comme
ça avant d’aller à Paris.
—Peut-être. Mais ce qu’il y a de sûr, c’est que, si Paris m’a
changé, il m’a aussi estropié. Comment gagner sa vie maintenant,
la tienne, la mienne ? Nous n’avons plus d’argent. La
vache est vendue. Faut-il que, quand nous n’avons pas de quoi
manger, nous nourrissions un enfant qui n’est pas le nôtre ?
— C’est le mien.
— Ce n’est pas plus le tien que le mien. Ce n’est pas un enfant
de paysan. Je le regardais pendant le souper : c’est délicat, c’est
maigre, pas de bras, pas de jambes.
Hector Malot
6
— C’est le plus joli enfant du pays.
— Joli, je ne dis pas. Mais solide ! Est-ce que c’est sa gentillesse
qui lui donnera à manger ? Est-ce qu’on est un travailleur
avec des épaules comme les siennes ? On est un enfant
de la ville, et les enfants des villes, il ne nous en faut pas ici.
— Je te dis que c’est un brave enfant, et il a de l’esprit comme
un chat, et avec cela bon coeur. Il travaillera pour nous.
— En attendant, il faudra que nous travaillions pour lui, et
moi je ne peux plus travailler.
— Si ses parents le réclament, qu’est-ce que tu diras ?
— Ses parents ! Est-ce qu’il en a des parents ? S’il en avait, ils
l’auraient cherché et, depuis huit ans, trouvé bien sûr. Ah ! j’ai
fait une fameuse sottise de croire qu’il avait des parents qui le
réclameraient un jour, et nous payeraient notre peine pour
l’avoir élevé. Je n’ai été qu’un nigaud, qu’un imbécile. Parce
qu’il était enveloppé dans de beaux langes avec des dentelles,
cela ne voulait pas dire que ses parents le chercheraient. Ils sont
peut-être morts, d’ailleurs.
— S’ils ne le sont pas ? Si un jour ils viennent nous le
demander ? J’ai dans l’idée qu’ils viendront.
— Que les femmes sont donc obstinées !
— Enfin, s’ils viennent ?
— Eh bien ! nous les enverrons à l’hospice. Mais assez causé.
Tout cela m’ennuie. Demain je le conduirai au maire. Ce soir, je
vais aller dire bonjour à François. Dans une heure je
reviendrai. »
La porte s’ouvrit et se referma.
Il était parti.
Alors me redressant vivement, je me mis à appeler mère
Barberin.
« Ah ! maman ! »
Elle accourut près de mon lit :
« Est-ce que tu me laisseras aller à l’hospice ?
— Non, mon petit Rémi, non. »
Elle m’embrassa tendrement en me serrant dans ses bras.
Sans famille
7
Cette caresse me rendit le courage, et mes larmes s’arrêtèrent
de couler.
« Tu ne dormais donc pas ? me demanda-t-elle doucement.
— Ce n’est pas ma faute.
— Je ne te gronde pas ; alors tu as entendu ce qu’a dit
Jérôme ?
— Oui, tu n’es pas ma maman, mais lui n’est pas mon père. »
Je ne prononçai pas ces quelques mots sur le même ton, car,
si j’étais désolé d’apprendre qu’elle n’était pas ma mère, j’étais
heureux, j’étais presque fier de savoir que lui n’était pas mon
père. De là une contradiction dans mes sentiments qui se traduisit
dans ma voix.
Mère Barberin ne parut pas y prendre attention.
« J’aurais peut-être dû, dit-elle, te faire connaître la vérité ;
mais tu étais si bien mon enfant que je ne pouvais pas te dire,
sans raison, que je n’étais pas ta vraie mère ! Ta mère, pauvre
petit, tu l’as entendu, on ne la connaît pas. Est-elle vivante, ne
l’est-elle plus ? On n’en sait rien. Un matin, à Paris, comme
Jérôme allait à son travail et qu’il passait dans une rue qu’on
appelle l’avenue de Breteuil, qui est large et plantée d’arbres,
il entendit les cris d’un enfant. Ils semblaient partir de
l’embrasure de la porte d’un jardin. C’était au mois de février ;
il faisait petit jour. Il approcha de la porte et aperçut un enfant
couché sur le seuil. Comme il regardait autour de lui pour
appeler quelqu’un, il vit un homme sortir de derrière un gros
arbre et se sauver. Sans doute cet homme s’était caché là pour
voir si l’on trouverait l’enfant qu’il avait lui-même placé dans
l’embrasure de la porte. Voilà Jérôme bien embarrassé, car
l’enfant criait de toutes ses forces, comme s’il avait compris
qu’un secours lui était arrivé, et qu’il ne fallait pas le laisser
échapper. Pendant que Jérôme réfléchissait à ce qu’il devait
faire, il fut rejoint par d’autres ouvriers, et l’on décida qu’il fallait
porter l’enfant chez le commissaire de police. Il ne cessait
pas de crier. Sans doute il souffrait du froid. Mais comme dans
le bureau du commissaire il faisait très chaud, et que les cris
Hector Malot
8
continuaient, on pensa qu’il souffrait de la faim, et l’on alla
chercher une voisine qui voudrait bien lui donner le sein. Il se
jeta dessus. Il était véritablement affamé. Alors on le déshabilla
devant le feu.
« C’était un beau garçon de cinq ou six mois, rose, gros, gras,
superbe ; les langes et les linges dans lesquels il était enveloppé
disaient qu’il appartenait à des parents riches. C’était donc un
enfant qu’on avait volé et ensuite abandonné. Ce fut au moins
ce que le commissaire expliqua. Qu’allait-on en faire ? Après
avoir écrit tout ce que Jérôme savait, et aussi la description de
l’enfant avec celle de ses langes qui n’étaient pas marqués, le
commissaire dit qu’il allait l’envoyer à l’hospice des Enfants
trouvés, si personne, parmi tous ceux qui étaient là, ne voulait
s’en charger : c’était un bel enfant, sain, solide, qui ne serait pas
difficile à élever ; ses parents, qui bien sûr allaient le chercher,
récompenseraient généreusement ceux qui en auraient pris
soin. Là-dessus, Jérôme s’avança et dit qu’il voulait bien s’en
charger ; on le lui donna. J’avais justement un enfant du même
âge ; mais ce n’était pas pour moi une affaire d’en nourrir deux.
Ce fut ainsi que je devins ta mère.
— Oh ! maman.
—Au bout de trois mois, je perdis mon enfant, et alors je
m’attachai à toi davantage. J’oubliai que tu n’étais pas vraiment
mon fils. Malheureusement Jérôme ne l’oublia pas, lui,
et voyant au bout de trois ans que tes parents ne t’avaient pas
cherché, au moins qu’ils ne t’avaient pas trouvé, il voulut te
mettre à l’hospice. Tu as entendu pourquoi je ne lui ai pas
obéi.
— Oh ! pas à l’hospice, m’écriai-je en me cramponnant à
elle ; mère Barberin, pas à l’hospice, je t’en prie !
— Non, mon enfant, tu n’iras pas. J’arrangerai cela. Jérôme
n’est pas un méchant homme, tu verras ; c’est le chagrin, c’est
la peur du besoin qui l’ont monté. Nous travaillerons, tu travailleras
aussi.
— Oui, tout ce que tu voudras. Mais pas l’hospice.
Hector Malot
— Tu n’iras pas ; mais à une condition, c’est que tu vas tout
de suite dormir. Il ne faut pas, quand il rentrera, qu’il te trouve
éveillé. »
Après m’avoir embrassé, elle me tourna le nez contre la
muraille.
J’aurais voulu m’endormir ; mais j’avais été trop rudement
ébranlé, trop ému pour trouver à volonté le calme et le
sommeil.
Ainsi, mère Barberin, si bonne, si douce pour moi, n’était pas
ma vraie mère ! Mais alors qu’était donc une vraie mère ?
Meilleure, plus douce encore ? Oh ! non, ce n’était pas
possible !
Mais ce que je comprenais, ce que je sentais, c’est qu’un père
eût été moins dur que Barberin et ne m’eût pas regardé avec ces
yeux froids, le bâton levé.
Il voulait m’envoyer à l’hospice ; mère Barberin pourrait-elle
l’en empêcher ?
Il y avait au village deux enfants qu’on appelait « les enfants
de l’hospice » ; ils avaient une plaque de plomb au cou avec un
numéro ; ils étaient mal habillés et sales ; on se moquait d’eux ;
on les battait ; les autres enfants les poursuivaient souvent
comme on poursuit un chien perdu pour s’amuser et aussi
parce qu’un chien perdu n’a personne pour le défendre.
Ah ! je ne voulais pas être comme ces enfants ; je ne voulais
pas avoir un numéro au cou, je ne voulais pas qu’on courût
après moi en criant : « À l’hospice ! à l’hospice ! »
Cette pensée seule me donnait froid et me faisait claquer les
dents.
Et je ne dormais pas.
Et Barberin allait rentrer.
Heureusement il ne revint pas aussitôt qu’il avait dit et le
sommeil arriva pour moi avant lui.

http://00h00.giantchair.com/html/ExtraitsPDF/27454100739690_1.PDF




                                                       
 


الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
http://halimb.ba7r.org
abdelhalim berri
المدير العام
المدير العام


الإسم الحقيقي : Abdelhalim BERRI
البلد : Royaume du Maroc

عدد المساهمات : 17476
التنقيط : 67484
العمر : 56
تاريخ التسجيل : 11/08/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الأربعاء 02 مارس 2011, 19:59




الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
http://halimb.ba7r.org
alaa eddine
عضو متّألق
عضو متّألق


الإسم الحقيقي : ALAA EDDINE KENNOU
البلد : MAROC

عدد المساهمات : 9593
التنقيط : 45778
العمر : 20
تاريخ التسجيل : 11/10/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الأربعاء 02 مارس 2011, 19:59

pas de quoi mon père




                                                       
 


الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
http://halimb.ba7r.org
alaa eddine
عضو متّألق
عضو متّألق


الإسم الحقيقي : ALAA EDDINE KENNOU
البلد : MAROC

عدد المساهمات : 9593
التنقيط : 45778
العمر : 20
تاريخ التسجيل : 11/10/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الأربعاء 09 مارس 2011, 19:42





                                                       
 


الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
http://halimb.ba7r.org
merieme maftah3/9
نائبة المدير
نائبة المدير


الإسم الحقيقي : fille du Forum
البلد : MAROC

عدد المساهمات : 3755
التنقيط : 28896
العمر : 20
تاريخ التسجيل : 02/01/2011
الجنس : انثى

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الأربعاء 09 مارس 2011, 20:42

MERCIIIIIIIIIIIIIIII


الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
alaa eddine
عضو متّألق
عضو متّألق


الإسم الحقيقي : ALAA EDDINE KENNOU
البلد : MAROC

عدد المساهمات : 9593
التنقيط : 45778
العمر : 20
تاريخ التسجيل : 11/10/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الأربعاء 09 مارس 2011, 20:43

pas de quoi mariame




                                                       
 


الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
http://halimb.ba7r.org
abd ssamad ramti wydadi
عضو متّألق
عضو متّألق


الإسم الحقيقي : AbDssAmAd RaMtI WyDaDI
البلد : maroc

عدد المساهمات : 1055
التنقيط : 25766
العمر : 21
تاريخ التسجيل : 06/10/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الخميس 10 مارس 2011, 19:19

Merci



الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
alaa eddine
عضو متّألق
عضو متّألق


الإسم الحقيقي : ALAA EDDINE KENNOU
البلد : MAROC

عدد المساهمات : 9593
التنقيط : 45778
العمر : 20
تاريخ التسجيل : 11/10/2010
الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: رد: Un père nourricier   الخميس 10 مارس 2011, 19:27

de rien mon frèro ramti




                                                       
 


الرجوع الى أعلى الصفحة اذهب الى الأسفل
http://halimb.ba7r.org
 
Un père nourricier
استعرض الموضوع السابق استعرض الموضوع التالي الرجوع الى أعلى الصفحة 
صفحة 1 من اصل 1

صلاحيات هذا المنتدى:لاتستطيع الرد على المواضيع في هذا المنتدى
COEUR DE PERE  :: منتديات المواد الدراسية :: اللغة الفرنسية FRANCAIS :: الثالثة اعدادي-
انتقل الى: