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 La Poudre aux yeux Acte II ---Scènes 1-2-3-4--5-6-7

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كاتب الموضوعرسالة
abdelhalim berri
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مُساهمةموضوع: La Poudre aux yeux Acte II ---Scènes 1-2-3-4--5-6-7   الأحد 27 فبراير 2011, 21:04

Acte II


Un salon chez Ratinois:
cheminée et table à gauche, fenêtre et guéridon à droite.



Scène première


Frédéric, Ratinois, Madame
Ratinois



Ratinois, debout. -
Voulez-vous que je vous donne mon opinion? C'est un mariage flambé!



Frédéric, assis à la
table, écrivant. - Allons donc! qu'est-ce que vous dites là?



Ratinois, à Frédéric. - Ne
te trouble pas... continue à faire mes quittances... C'est un travail qui
demande du sang-froid.



Madame Ratinois, assise à
droite et tricotant. - J'ai bien peur que ton père n'ait raison!



Ratinois. - Voilà
aujourd'hui quinze jours que nous avons fait la démarche... et nous n'avons pas
de réponse.



Frédéric. - Qu'est-ce que
cela prouve?



Ratinois. - Ca prouve que
ces gens-là sont trop élevés pour nous, il y a là-dedans un train de maison...



Frédéric. - Mais je n'ai
pas remarqué...



Ratinois. - Je crois
bien... un amoureux! Tu n'as vu que la petite... Mais, moi, j'ai vu le
chasseur: un homme de sept à huit pieds!



Frédéric. - Ah! par
exemple!...



Ratinois. - Sept à huit
pieds!... Rien n'échappe à l'oeil clairvoyant d'un père.



Madame Ratinois. - Et la
demoiselle prend des leçons de Duprez!...



Ratinois. - Elle en a le
moyen!... Quand on possède un papa qui reçoit quatre mille francs d'un coup...
je les ai comptés... et qui les met tranquillement dans sa poche comme si
c'était son étui à lunettes...



Frédéric. Ce n'est pas une
raison...



Ratinois. - Mais sais-tu
ce que c'est que cet homme-là... dont tu brigues la fille?...



Frédéric. - C'est un
médecin.



Ratinois. - Oui, un
médecin... qui n'aurait qu'un mot à dire pour être de l'Académie des
sciences... S'il voulait dire un mot... crac! il en serait. Et sa chaîne...
As-tu remarqué sa chaîne?...



Frédéric. - Non.


Ratinois. - Il n'a rien
remarqué!... Et tu veux qu'un pareil personnage aille s'allier avec le fils
d'un ancien confiseur?...



Madame Ratinois, se
levant. - Quelle rage avez-vous de dire toujours que vous avez été
confiseur?...



Ratinois. - Je n'en rougis
pas... Je n'en parle à personne... mais je n'en rougis pas.



Madame Ratinois. - Mon
pauvre enfant! je crois qu'il ne faut plus songer à ce mariage.



Frédéric. - Mais on n'a
pas refusé, maman... Vous interprétez le silence...



Ratinois. - Le silence des
grands est la leçon des petits! (Changeant de ton.) N'oublie pas les portes et
fenêtres.



Frédéric. - Quand je suis
allé rendre ma visite le lendemain de la demande, M. Malingear a été très
aimable; il m'a donné des conseils pour ma carrière... Il m'a engagé à plaider
les expropriations.



Ratinois. - Bonne
branche... très bonne branche!



Madame Ratinois. - Et
madame Malingear t'a dit: "C'est étonnant! Madame votre mère ne va donc
jamais aux Italiens... Je ne l'ai pas encore aperçue."



Ratinois. - Dès le jour
même, je suis allé louer une loge pour la saison... Et c'est salé, dans ce
théâtre-là!



Madame Ratinois, - C'est
un sacrifice momentané.



Elle se rassied.


Ratinois. - Je l'ai
compris... Quand on a l'ambition d'entrer dans une pareille famille; il faut
faire les choses dignement. Aussi, lorsque tu m'as fait observer qu'on ne
pouvait aller aux Italiens à pied... je me suis empressé de prendre une voiture
au mois... ce qui est encore très salé!



Madame Ratinois. - Puisque
c'est l'usage.



Ratinois, s'asseyant. - Je
ne dis rien; il faut faire les choses dignement... Seulement, s'il m'avait été
permis de choisir le théâtre... je n'aurais, pas choisi celui-là!



Madame Ratinois. -
Pourquoi?



Ratinois. - Ils donnent toujours
la même pièce... Voilà quatre fois que nous y allons:... quatre fois Rigoletto!
D'abord, c'est en italien... on n'y comprend rien!



Madame Ratinois. - Toi!


Ratinois. - Toi non plus!
Tu as beau crier: "Brava! brava!" pour te faire remarquer, je te défie
de me raconter la pièce.



Madame Ratinois. -
J'applaudis la musique.



Ratinois. - Laisse-moi
donc tranquille... Tu clignes de l'oeil au second acte.



Madame Ratinois, vivement.
- Je ferme les yeux, mais je ne dors pas; c'est du recueillement.



Ratinois. - Allons donc,
c'est du ronflement!



Frédéric. - Mais, mon
père, nous avons le plaisir de voir M. et madame Malingear... avec leur
demoiselle.



Ratinois. - Oui! nous les
saluons de notre loge; ils nous saluent de la leur... et voilà! Ca peut durer
une infinité de Rigoletto comme ça! Par exemple, il y a une chose contre
laquelle je proteste formellement!



Madame Ratinois. - Quoi
donc?



Ratinois, se levant. -
Pour faire croire aux Malingear que nous avons des relations, tu me forces à
distribuer des salutations à un tas de gens que je n'ai jamais vus.



Madame Ratinois, se
levant. - Puisqu'ils te les rendent!



Ratinois. - Pas tous!...
pas tous!... L'autre jour, je suis tombé sur un. ministre plénipotentiaire...
Je lui ai fait, comme ça, de la main...



Madame Ratinois. - Eh.
bien?



Ratinois. - Eh bien, il
m'a lorgné avec une certaine raideur... C'est très désagréable!



Frédéric, se levant et
remettant des papiers. - Papa, voici tes quittances.



Ratinois, les mettant dans
sa poche. - Merci, mon enfant.



Madame Ratinois, à Frédéric,
qui prend son chapeau. - Tu sors?



Frédéric. - Oui; une
course à faire.



Ratinois. - Dis donc,
prends la voiture... Elle est au mois... il faut l'utiliser...



Frédéric. - Si vous ne
vous en servez pas?...



Ratinois. - Moi? Jamais!
Ils sont là deux grands coquins de chevaux qui piaffent toute la journée... ils
dépavent la cour.



Frédéric. - A tantôt! (A
part.) Emmeline était au Bois hier... elle y sera peut-être aujourd'hui.



Il sort.


Madame Ratinois. - Je vais
écrire à ma couturière.



Ratinois. - Pour quoi faire?


Madame Ratinois. - Eh
bien, pour lui commander des robes.



Elle sort par la gauche.


Scène II


Ratinois; puis Robert


Ratinois, seul. - Oui, des
robes, pour les Italiens! avec des corsages... rigoletto... C'est encore très
salé ça! Nous ferons nos petits comptes à la fin du mois!



Robert, entrant par le
fond. Il porte des boucles d'oreilles. - Bonjour, Ratinois!



Ratinois. - Tiens, c'est
l'oncle Robert!



Ils se donnent la main.


Robert. - Tout le monde va
bien?



Ratinois. - Oui, Frédéric
vient de sortir.



Robert. - Et ma nièce?


Ratinois. - Elle est là.
Je vais la prévenir.



Robert. - Non, ne la
dérange pas... Je passais dans le quartier; je n'ai qu'un instant... il faut
que je sois à Bercy à trois heures... j'attends un bateau de charbon.



Ratinois. - Toujours en affaires!
Vous ne vous reposerez donc jamais?



Robert. - Le plus tard
possible... Vois-tu, Ratinois, quand on est venu à Paris avec douze sous dans
sa poche... et qu'on a commencé sur le port... car j'ai commencé sur le port...



Ratinois. - Je sais... je
sais... (A part.) C'est drôle! depuis que je vais dans un certain monde, je le
trouve commun, l'oncle Robert!



Robert. - Eh bien, je n'en
suis pas plus fier pour ça...



Ratinois. - Parbleu! (A
part.) Ses boucles d'oreilles sont odieuses!



Robert. - Parce que je me
dis: "L'homme vaut ce qu'il vaut!"



Ratinois. - Dites donc, ça
ne vous gêne pas!...



Robert. - Quoi donc?


Ratinois, montrant les
boucles d'oreilles. - Eh bien, ces machines-là.



Robert. - Non; je porte ça
de naissance... Tu ne les trouves pas jolies?...



Ratinois. - Je ne dis pas
ça; mais, dans le cas où ça vous aurait gêné... vous auriez pu les ôter.



Robert, naïvement. - Je te
remercie... ça ne me gêne pas.



Ratinois. - Il y tient!


Robert. - Je te disais
donc que l'homme vaut ce qu'il vaut... Toi, tu as été confiseur...



Ratinois. - Chut!


Robert. - Moi, je suis
marchand de bois...



Ratinois. - Chut!


Robert. - Quoi?


Ratinois. - Il est inutile
de dire que j'ai été confiseur, et de crier que vous êtes marchand de bois!



Robert. - Je ne rougis pas
de ma profession... Trouves-en une plus belle!



Ratinois. - Magnifique!
elle est magnifique!...



Robert. - Eh bien, alors?


Ratinois. - Mais tout le
monde ne peut pas suivre cette... belle carrière...



Robert. - Non, certes.


Ratinois. - Eh bien, quand
vous criez: "Je suis marchand de bois!" c'est comme si vous disiez
aux autres: "Imbéciles! vous ne l'êtes pas, vous... et moi je le
suis!..." C'est de la gloriole!



Robert. - Ah! si c'est ça,
je me tais!... (Tirant sa montre.) Deux heures et demie! Bonjour! vous me
reverrez tantôt!



Ratinois, étonné. - Ah!


Robert. - C'est
aujourd'hui la fête de ta femme... 22 avril.



Ratinois. - C'est ma foi
vrai! je l'avais oublié!...



Robert. - En revenant, je
passerai sur le quai aux fleurs, et j'achèterai un oranger...



Ratinois. - Oui, votre
surprise de tous les ans!



Robert. - C'est encore ce
qu'il y a de mieux.



Ratinois. - Vous dînerez
avec nous... nous n'avons personne!



Robert. - Ça va!... Mais
pas de cérémonies.



Ratinois. - Soyez
tranquille! Ce n'est pas pour vous que nous ferions des façons. Ainsi, à six
heures?



Robert. - C'est convenu.
Ah çà! et Frédéric... vous ne voulez donc pas le marier, ce garçon-là?



Ratinois. - Il y a
peut-être quelque chose en train.



Robert. - Ah! quelque
chose de bien?



Ratinois. - Oh! un parti
inespéré.



Robert. - Un marchand de
bois?



Ratinois. - Pas tout à
fait! Malheureusement, ça ne marche pas... ça traîne.



Robert. - Il faut chauffer
ça! Veux-tu que j'aille voir la famille?



Ratinois, effrayé. - Non,
merci! (A part.) S'il se rencontrait avec la duchesse!...



Robert. - Tu sais ce que
je t'ai dit: "Je n'ai pas d'enfants, je suis riche; le jour du mariage, je
ferai un cadeau, un beau cadeau!"



Ratinois. - Ce brave oncle
Robert!



Robert. - Adieu! à
tantôt!... Surtout ne parle pas de ma. surprise... l'oranger...



Ratinois. - Ne craignez
rien!



Robert sort.


Scène III


Ratinois; puis Joséphine;
puis Madame Ratinois



Ratinois, seul. - Quel
excellent homme! Il adore Frédéric, il est capable de lui donner douze couverts
d'argent. Pauvre garçon! son mariage ne se fera pas. Nous avons visé trop haut,
c'est dommage!



Joséphine, entrant. - Il y
a là un monsieur et une dame qui demandent Monsieur.



Ratinois. - Ont-ils dit
leur nom?



Joséphine. - M. et madame
Malingear.



Ratinois, sautant. -
Eux?... Ah! sapristi! ah! saprédié!... Où est ma femme?... (A Joséphine.)
Attendez! on n'entre pas! (Appelant.) Constance! Constance!



Madame Ratinois, entrant
vivement. - Ah! mon Dieu! qu'y a-t-il?



Ratinois. - Ils sont là!


Madame Ratinois. - Qui ça?


Ratinois. - Le père et la
mère... Que faire?



Madame Ratinois. - Il faut
les recevoir... ils viennent rendre réponse.



Ratinois. - Eux-mêmes!...
Tu crois?



Madame Ratinois. -
Parbleu! (A Joséphine.) Faites entrer! Ah! mon Dieu! et les housses!



Ratinois. - Oui, les
housses!... ôtons les housses! (A Joséphine.) Attendez!... on n'entre pas!...
aidez-nous!... (Tous trois se mettent à ôter les housses.) Quel événement!
quelle journée!



Madame Ratinois. - Allons,
de l'aplomb, du courage! et surtout ne me tutoie pas!



Ratinois. - Pourquoi?


Madame Ratinois. - Pour
faire comme eux! (A Joséphine, qui a jeté les housses dans un cabinet voisin.)
Faites entrer!



Joséphine sort.


Ratinois, à sa femme. -
Mets-toi au piano, fais des roulades!... (Apercevant une chaise, au fond,
garnie de sa housse.) Ah! nous en avons oublié une!



Il y court vivement. On
entre.



Scène IV


Les Mêmes, M. et Mme
Malingear



Madame Ratinois, à madame
Malingear. - Ah! chère madame, que je suis heureuse de vous voir!



Malingear. - Nous avons
bien des reproches à nous faire... Nous vous devions une visite.



Madame Malingear. - Mais
le docteur est si occupé... si occupé!...



Madame Ratinois. -
Donnez-vous donc la peine de vous asseoir...



Ils s'assoient.


Malingear. - Est-ce que
nous n'aurons pas le plaisir de voir M. Ratinois?...



Ratinois, qui est resté au
fond, cherchant à dissimuler sa housse, a fini par la fourrer dans un coffre à
bois.



Ratinois. - Me voilà!...
j'arrive! (Malingear se lève.) J'étais dans mon cabinet de travail. (Saluant.)
Docteur!... Chère madame, oserai-je vous demander des nouvelles de votre
précieuse santé?



Madame Malingear. - Cela
va... sauf les migraines.



Madame Ratinois. - C'est
comme moi... je suis perdue de migraine.



Ratinois. - Moi aussi,
perdu de migraines!



Il s'assoit, ainsi que
Malingear.



Madame Malingear. - Vous
verra-t-on aux Italiens, demain?



Madame Ratinois. - Oh!
certainement! bien certainement!



Ratinois. - Qu'est-ce
qu'on donne?...



Malingear. - Rigoletto!


Ratinois. - Ah tant mieux!
ah! tant mieux!



Madame Malingear. - C'est
une musique dont on ne se lasse jamais!



Ratinois. - Oh! que c'est
bien vrai!



Madame Ratinois. - Il y a
surtout le finale!...



Tous. - Ah! charmant!
charmant!



Madame Malingear. - Et
l'andante?



Ratinois. - Ah! c'est
radieux! radieux! radieux!...



Malingear, à part. - C'est
un fanatique, le beau-père! Moi, je suis comme ma femme, je n'entends rien à la
musique.



Moment de silence.


Madame Malingear, à son
mari. - Mon ami, nous abusons des moments de M. et madame Ratinois!



Madame Ratinois. - Par
exemple!...



Ratinois. - Je n'ai rien à
faire... je suis retiré du commerce!



Malingear.- Ah! vous étiez
dans le commerce?



Ratinois. - Oui.


Madame Malingear. - Quelle
partie?



Ratinois, embarrassé. -
Mais... j'étais...



Madame Ratinois, vivement.
- Raffineur... Mon mari était raffineur.



Malingear. - Ah! c'est de
la haute industrie!



Ratinois, à part. - Confiseur...
raffineur... c'est toujours dans le sucre!...



Madame Malingear, à part.
- Les raffineurs sont tous millionnaires! (Nouveau silence.) Docteur, vous
oubliez que nous devons une réponse...



Malingear, se levant. -
C'est juste! (Se posant.) Madame... et vous, monsieur, vous avez eu la bonté de
nous adresser, il y a quinze jours, une demande qui nous flatte autant qu'elle
nous honore!...



M. et Madame Ratinois,
s'inclinant. - Docteur... Madame!...



Malingear. - Les
renseignements que nous avons dû prendre, tant sur M. votre fils que sur la
famille à laquelle il a l'honneur d'appartenir... ces renseignements qui
n'avaient et ne pouvaient avoir aucun caractère inquisitorial, soyez-en
persuadés... ces renseignements, dis-je, nous ont amenés à penser qu'il y avait
lieu de prendre en considération sérieuse... les ouvertures flatteuses que vous
avez bien voulu nous faire!



Il se rassied.


Ratinois, se levant et
très ému. - Docteur; je crois être le fidèle interprète des sentiments de
madame Ratinois... et des miens propres... et de ceux de mon fils Frédéric...
avocat... en vous disant, avec une émotion... que vous comprendrez... car c'est
celle d'un père... et vous êtes mère, madame... en vous disant: Docteur,
recevez en ce jour les bénédictions... et la gratitude affectueuse d'une
famille... qui... que... je dirai plus! d'une famille qui... (Avec effusion.)
Enfin, voulez-vous dîner avec nous?



On se lève.


Madame Malingear, surprise. - Hein?


Malingear. - Comment!... aujourd'hui?...


Madame Ratinois. - Oh! ce
serait charmant!



Madame Malingear. - Un
autre jour... plus tard!...



Ratinois. - Un tel
honneur... serait du bonheur!...



Madame Ratinois. - Nous
serions en famille!



Ratinois. - Voyons,
docteur?...



Madame Ratinois. -
Madame?...



Malingear. - Allons, nous
ne voulons pas vous refuser; mais, à une condition...



Ratinois. - Laquelle?...


Malingear. - C'est que
vous ne ferez aucune espèce de cérémonie.



Ratinois. - C'est Convenu.


Madame Ratinois. - Notre
ordinaire... rien que notre ordinaire! (Elle sonne.) Vous permettez?... (Bas à
Joséphine qui entre.) Allez me chercher tout de suite le gérant de M. Chevet,
au Palais-Royal.



Joséphine, étonnée. -
Comment?...



Madame Ratinois. - Vite!
vite!



Joséphine sort.


Madame Malingear, à madame
Ratinois. - Il est bien entendu que nous ne ferons pas de toilette.



Madame Ratinois. - Nous
resterons comme nous sommes.



Malingear. - Maintenant,
je vous demanderai quelques minutes d'entretien, mon cher Ratinois.



Ratinois. - Je suis tout à
vous! (A part.) Il m'a appelé Ratinois! Si nous pouvions nous tutoyer un jour!



Malingear. - Nous avons à
causer de nos petits arrangements.



Ratinois, à part. - De la
dot! (Haut.) J'espère que nous n'aurons pas de difficulté. Si vous voulez
passer dans mon cabinet?...



Malingear. - Après vous,
Ratinois.



Ratinois. - Par
exemple!... (Il le fait entrer. A part.) Ratinois!... Je n'ose pas encore
l'appeler Malingear!...



Il sort à gauche.


Scène V


Madame Ratinois, Madame
Malingear



Madame Ratinois. - Ah! que
Frédéric va être heureux!



Madame Malingear. - Entre
nous, je crois qu'il ne déplaît pas à ma fille.



Madame Ratinois. - Chère
enfant! Je vous promets de l'aimer comme une mère!



Madame Malingear. -
Voulez-vous que nous Causions un peu de leur petite installation?...



Madame Ratinois. - Oh!
bien volontiers.



Madame Malingear. - Dès
demain, nous leur chercherons un appartement.



Madame Ratinois. - Un
entresol?



Madame Malingear. - Oh!
c'est bien bas, un entresol... Un second.



Madame Ratinois. - C'est
bien haut, un second.



Madame Malingear. - Alors
un premier?... C'est une affaire de cinq à six mille francs.



Elles s'asseyent.


Madame Ratinois. - Mettons
six mille francs.



Madame Malingear, prenant
une carte dans un petit portefeuille. - Attendez, je vais écrire sur cette
carte... (Ecrivant.) Loyer, six mille francs.



Madame Ratinois. - Toilette...
c'est important!



Madame Malingear. - Il est
bien difficile, à une femme qui voit un certain monde, de s'en tirer à moins de
quatre à cinq mille francs... C'est ce que je dépense.



Madame Ratinois. - Moi
aussi. Mettons six mille francs.



Madame Malingear,
écrivant. - Toilette, six mille francs. (A part.) A la bonne heure, elle ne
lésine pas!



Madame Ratinois, à part. -
Moi qui n'ai dépensé que neuf cents francs l'année dernière, et Ratinois m'a
grondée.



Madame Malingear. -
Voiture... Pensez-vous qu'ils puissent se donner une voiture?...



Madame Ratinois. - Dame!
(A part.) Ça dépendra de la dot.



Madame Malingear. - Il est
tout à fait désagréable, pour une jeune femme, de piétiner dans la boue...
surtout avec les robes qu'on fait aujourd'hui.



Madame Ratinois. - Oh!
c'est impossible!... Il y a bien les voitures de place.



Madame Malingear. - Les
fiacres? Oh! ne me parlez pas de ces vilaines boîtes!



Madame Ratinois, vivement.
Je n'en parle pas.



Madame Malingear. - C'est
noir... c'est étroit!...



Madame Ratinois. - Et
Sale! On ne m'y ferait monter pour rien au monde. (A part.) Je vais toujours à
pied.



Madame Malingear. - Je
pense qu'un petit coupé...



Madame Ratinois. - Avec
deux petits-chevaux...



Madame Malingear. - Et un
petit cocher...



Madame Ratinois. - Mettons
six mille francs.



Madame Malingear,
écrivant. - Coupé, six mille... (A part.) Ces raffineurs, ça marche sur l'or!
(Haut.) Frais de maison, table...



Madame Ratinois. - Mettons
six mille francs.



Madame Malingear. - C'est
assez... (Additionnant.) Six, douze, dix-huit, vingt-quatre. Total,
vingt-quatre mille francs... Cela me paraît bien.



Elle laisse la carte sur
la table.



Madame Ratinois. - Ce
n'est pas trop. (A part.) Ils doivent donner une dot formidable.



Elles se lèvent.


Scène VI


Les Mêmes, Ratinois, Malingear


Malingear, sortant de la
gauche, suivi de Ratinois. - C'est convenu, Ratinois vous avez ma parole.



Ratinois. - Et vous la
mienne, Malingear! (A part.) Je me suis risqué!



Malingear, aux dames. -
Nous sommes complètement d'accord...



Ratinois. - Complètement,
Malingear.



Madame Malingear, bas à
son mari. - Combien?...



Malingear, bas. - Cent
mille.



Madame Malingear, à part
étonnée. - Pas plus?...



Madame Ratinois, bas. -
Combien?...



Ratinois, bas. - Cent
mille.



Madame Ratinois, à part. -
Que ça?



Madame Malingear, bas à
son mari. - Sortons, j'ai à te parler.



Malingear. - Nous vous
demandons la permission de nous retirer... Quelques clients à voir!



Ratinois. - La
duchesse?...



Madame Ratinois. - Nous
vous attendrons à six heures! (A madame Malingear.) Et, surtout, pas de
toilette!



Madame Malingear. - Oh!
c'est bien convenu. (Saluant.) Madame...



Ratinois. - Adieu,
Malingear!



Ils sortent par le fond.


Scène VII


Ratinois, Madame Ratinois;
puis Joséphine



Ratinois. - Ah! voilà une
bonne affaire conclue.



Madame Ratinois. - Cent
mille francs! ce n'est pas sérieux!



Ratinois, étonné. - Quoi
donc?...



Madame Ratinois. - C'est
d'une mesquinerie!... Cent mille francs!



Ratinois. - Mais je ne
donne pas plus, moi.



Madame Ratinois. - Quelle
différence! Notre fils a une profession... il est avocat!



Ratinois. - Mais il ne
plaide jamais.



Madame Ratinois. - Il ne
plaide pas, parce qu'il n'a pas de causes!



Ratinois. - C'est juste.
(Par réflexion.) Mais, s'il n'a pas de causes, c'est comme s'il n'était pas
avocat.



Madame Ratinois. - Cela
viendra; l'avenir est à lui!... Je ne comprends pas que tu aies accepté ce
chiffre!



Ratinois. - Un jeune
ménage qui a dix mille francs de rente... c'est pourtant gentil.



Madame Ratinois. - C'est
la misère!



Ratinois. - Ah! par
exemple!



Madame Ratinois, lui
donnant la carte restée sur la table. - Tiens, vois plutôt.



Ratinois. - qu'est-ce que
c'est que ça?



Madame Ratinois. - Le
budget des enfants, que Madame Malingear a jeté sur cette carte pendant que
vous étiez là!



Ratinois, lisant. - Loyer,
six mille francs... toilette... coupé... vingt-quatre mille francs!



Madame Ratinois. - Et nous
avons oublié les enfants!



Ratinois. - Qu'est-ce que
cela prouve?... Ce budget, on peut le réduire.



Madame Ratinois. - Oh! si
mademoiselle Malingear était une jeune fille simple, élevée dans des principes
d'ordre, d'économie... comme nous... une petite bourgeoise enfin, tout irait
pour le mieux... Mais une demoiselle qui prend des leçons de Duprez, qui peint
des tableaux à l'huile... et ne saurait seulement pas recoudre un bouton à son
mari...



Ratinois. - Il est vrai
qu'en fait de couture...



Madame Ratinois. - Elle
fait des roulades... Elle a été toute sa vie bercée dans la soie et la
dentelle... Il lui faut un appartement au premier, une voiture, un cocher... Je
ne trouve pas cela mal, mais alors on apporte une dot... une dot sérieuse!



Ratinois. - Voyons, ne
t'emporte pas! Frédéric aime la petite... et si on lui parle de rompre ce
mariage...



Madame Ratinois. - Il
n'est pas question de rompre! Les Malingear sont riches... très riches... des
gens qui ont un chasseur!



Ratinois. - Ça, je l'ai
vu; sept à huit pieds!



Madame Ratinois. - Eh
bien, qu'ils donnent plus! Il faut que tu reparles au père... Il va venir?



Ratinois. - Oui... Comme
ça, il faut que je reparle?...



Madame Ratinois. - Quoi!
tu as l'air de ne pas comprendre...



Ratinois. - Si... si!...
mais c'est difficile à dire à un monsieur: "Les cent mille francs que je
donne, moi, suffisent!... mais les vôtres ne suffisent pas!" C'est très
difficile.



Madame Ratinois. - Bah! il
est vaniteux, il faut le piquer... le prendre par l'amour-propre... Offre
toi-même de donner quelque chose de plus... ça le mettra sur la voie...



Ratinois. - C'est que nous
ne pouvons pas aller bien loin... avec dix-sept mille francs de rente.



Madame Ratinois. - On
propose un cadeau... une misère...



Ratinois. - Douze
couverts... d'argent. (A part.) Ceux de l'oncle Robert.



Joséphine; entrant. -
Madame, c'est le maître d'hôtel de M. Chevet que vous avez fait demander...



Madame Ratinois. - Qu'il
entre!



Joséphine sort.


Ratinois. - Constance, je
n'ai pas besoin de te recommander de faire les choses dignement?



Madame Ratinois. - Sois
tranquille.



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عبدالله ناجح
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مُساهمةموضوع: رد: La Poudre aux yeux Acte II ---Scènes 1-2-3-4--5-6-7   الأحد 27 فبراير 2011, 23:06

:kl: :kl: :kl:
:f:: :f::


كن في الحياة
كعابر سبيل
واترك وراءك كل جميل فنحن في الحياة
مجرد ضيوف
وما على الضيوف
الا الرحيل
۞*•.¸.•*۞*•.¸.•*  ۞لا اله الا الله محمد رسول الله ۞*•.¸.•*۞*•.¸.•*  ۞
 
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مُساهمةموضوع: رد: La Poudre aux yeux Acte II ---Scènes 1-2-3-4--5-6-7   الإثنين 28 فبراير 2011, 21:58




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