LA MAIN DANS LA MAIN : ÉLÈVES + ENSEIGNANTS + PARENTS = ÉDUCATION ASSURÉE
 
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 sans famille (1page 10)

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alaa eddine
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الإسم الحقيقي : ALAA EDDINE KENNOU
البلد : MAROC

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الجنس : ذكر

مُساهمةموضوع: sans famille (1page 10)   الثلاثاء 22 فبراير 2011, 14:27

Je suis un enfant trouvé.
Mais, jusqu’à huit ans, j’ai cru que,
comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car, lorsque je
pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses
bras en me berçant, que mes larmes s’arrêtaient de couler.
Jamais je ne me couchais dans mon lit
sans qu’une femme vint m’embrasser, et, quand le vent de décembre
collait la neige contre les vitres blanchies, elle me prenait les pieds
entre ses deux mains et elle restait à me les réchauffer en me chantant
une chanson, dont je retrouve encore dans ma mémoire l’air et quelques
paroles.
Quand j’avais une querelle avec un de
mes camarades, elle me faisait conter mes chagrins, et presque toujours
elle trouvait de bonnes paroles pour me consoler ou me donner raison.
Par tout cela et par bien d’autres
choses encore, par la façon dont elle me parlait, par la façon dont
elle me regardait, par ses caresses, par la douceur qu’elle mettait
dans ses gronderies, je croyais qu’elle était ma mère.
Voici comment j’appris qu’elle n’était que ma nourrice.
Mon village, ou, pour parler plus
justement, le village où j’ai été élevé, car je n’ai pas eu de village
à moi, pas de lieu de naissance, pas plus que je n’ai eu de père et de
mère, le village enfin où j’ai passé mon enfance se nomme Chavanon ;
c’est l’un des plus pauvres du centre de la France.      
       
Cette
pauvreté, il la doit non à l’apathie ou à la paresse de ses habitants,
mais à sa situation même dans une contrée peu fertile. Le sol n’a pas
de profondeur, et pour produire de bonnes récoltes il lui faudrait des
engrais ou des amendements qui manquent dans le pays. Aussi ne
rencontre-t-on (ou tout au moins ne rencontrait-on à l’époque dont je
parle) que peu de champs cultivés.
C’est dans un repli de terrain, sur les
bords d’un ruisseau qui va perdre ses eaux rapides dans un des
affluents de la Loire, que se dresse la maison où j’ai passé mes
premières années.
Jusqu’à huit ans, je n’avais jamais vu
d’homme dans cette maison ; cependant ma mère n’était pas veuve, mais
son mari, qui était tailleur de pierre, comme un grand nombre d’autres
ouvriers de la contrée, travaillait à Paris, et il n’était pas revenu
au pays depuis que j’étais en âge de voir ou de comprendre ce qui
m’entourait. De temps en temps seulement, il envoyait de ses nouvelles
par un de ses camarades qui rentrait au village.
« Mère Barberin, votre homme va bien ;
il m’a chargé de vous dire que l’ouvrage marche fort, et de vous
remettre l’argent que voilà ; voulez-vous compter ? »
Et c’était tout. Mère Barberin se
contentait de ces nouvelles : son homme était en bonne santé ;
l’ouvrage donnait ; il gagnait sa vie.
De ce que Barberin était resté si
longtemps à Paris, il ne faut pas croire qu’il était en mauvaise amitié
avec sa femme. La question de désaccord n’était pour rien dans cette
absence.
               
Il
demeurait à Paris parce que le travail l’y retenait ; voilà tout. Quand
il serait vieux, il reviendrait vivre près de sa vieille femme, et avec
l’argent qu’ils auraient amassé ils seraient à l’abri de la misère pour
le temps où l’âge leur aurait enlevé la force et la santé.
Un jour de novembre, comme le soir
tombait, un homme, que je ne connaissais pas, s’arrêta devant notre
barrière. J’étais sur le seuil de la maison occupé à casser une
bourrée. Sans pousser la barrière, mais en levant sa tête par-dessus en
me regardant, l’homme me demanda si ce n’était pas là que demeurait la
mère Barberin.
Je lui dis d’entrer.
Au bruit de nos voix, mère Barberin accourut et, au moment où il franchissait notre seuil, elle se trouva face à face avec lui.
« J’apporte des nouvelles de Paris », dit-il.
C’étaient là des paroles bien simples
et qui déjà plus d’une fois avaient frappé nos oreilles ; mais le ton
avec lequel elles furent prononcées ne ressemblait en rien à celui qui
autrefois accompagnait les mots : « Votre homme va bien, l’ouvrage
marche. »
« Ah ! mon Dieu ! s’écria mère Barberin en joignant les mains, un malheur est arrivé à Jérôme !
- Eh bien, oui, mais il ne faut pas
vous rendre malade de peur ; votre homme a été blessé, voilà la
vérité ; seulement il n’est pas mort. Pourtant il sera peut-être
estropié. Pour le moment il est à l’hôpital. J’ai été son voisin de
lit, et, comme je rentrais au pays, il m’a demandé de vous dire la
chose en passant. »
          
Mère Barberin, qui voulait en savoir plus long, pria l’homme de rester à souper.
Il s’assit dans le coin de la cheminée
et, tout en mangeant, il nous raconta comment le malheur était arrivé :
Barberin avait été à moitié écrasé par des échafaudages qui s’étaient
abattus, et comme on avait prouvé qu’il ne devait pas se trouver à la
place où il avait été blessé, l’entrepreneur refusait de lui payer
aucune indemnité.
« Pourtant, dit-il en terminant son récit, je lui ai donné le conseil de faire un procès à l’entrepreneur.
- Un procès, cela coûte gros.
- Oui, mais quand on le gagne ! »
Mère Barberin aurait voulu aller à Paris, mais c’était une terrible affaire qu’un voyage si long et si coûteux.
Le lendemain matin, nous descendîmes au
village pour consulter le curé. Celui-ci ne voulut pas la laisser
partir sans savoir avant si elle pouvait être utile à son mari. Il
écrivit à l’aumônier de l’hôpital où Barberin était soigné, et,
quelques jours après, il reçut une réponse, disant que mère Barberin ne
devait pas se mettre en route, mais qu’elle devait envoyer une certaine
somme d’argent à son mari, parce que celui-ci allait faire un procès à
l’entrepreneur chez lequel il avait été blessé.
Les journées, les semaines
s’écoulèrent, et de temps en temps il arriva des lettres qui toutes
demandaient de nouveaux envois d’argent ; la dernière, plus pressante
que les autres, disait que, s’il n’y avait plus d’argent, il fallait
vendre la vache pour s’en procurer.
         
Ceux-là
seuls qui ont vécu à la campagne avec les paysans savent ce qu’il y a
de détresses et de douleurs dans ces trois mots : « vendre la vache ».
Pour le naturaliste, la vache est un
animal ruminant ; pour le promeneur, c’est une bête qui fait bien dans
le paysage lorsqu’elle lève au-dessus des herbes son mufle noir humide
de rosée ; pour l’enfant des villes, c’est la source du café au lait et
du fromage à la crème ; mais pour le paysan, c’est bien plus et mieux
encore. Si pauvre qu’il puisse être et si nombreuse que soit sa
famille, il est assuré de ne pas souffrir de la faim tant qu’il y a une
vache dans son étable. Avec une longe ou même avec une simple hart
nouée autour des cornes, un enfant promène la vache le long des chemins
herbus, là où la pâture n’appartient à personne, et le soir la famille
entière a du beurre dans sa soupe et du lait pour mouiller ses pommes
de terre ; le père, la mère, les enfants, les grands comme les petits,
tout le monde vit de la vache.
Nous vivions si bien de la nôtre, mère
Barberin et moi, que jusqu’à ce moment je n’avais presque jamais mangé
de viande. Mais ce n’était pas seulement notre nourrice qu’elle était,
c’était encore notre camarade, notre amie, car il ne faut pas
s’imaginer que la vache est une bête stupide, c’est au contraire un
animal plein d’intelligence et de qualités morales d’autant plus
développées qu’on les aura cultivées par l’éducation.
Nous caressions la nôtre, nous lui
parlions, elle nous comprenait, et de son côté, avec ses grands yeux
ronds pleins de douceur, elle savait très bien nous faire entendre ce
qu’elle voulait ou ce qu’elle ressentait.
         
Enfin nous l’aimions et elle nous aimait, ce qui est tout dire.
Pourtant il fallut s’en séparer, car c’était seulement par « la vente de la vache » qu’on pouvait satisfaire Barberin.
Il vint un marchand à la maison et,
après avoir bien examiné la Roussette, après avoir dit et répété cent
fois qu’elle ne lui convenait pas du tout, que c’était une vache de
pauvres gens qu’il ne pourrait pas revendre, qu’elle n’avait pas de
lait, qu’elle faisait du mauvais beurre, il avait fini par dire qu’il
voulait bien la prendre, mais seulement par bonté d’âme et pour obliger
mère Barberin qui était une brave femme.
La pauvre Roussette, comme si elle
comprenait ce qui se passait, avait refusé de sortir de son étable et
elle s’était mise à meugler.
« Passe derrière et chasse-la, m’avait dit le marchand en me tendant le fouet qu’il portait passé autour de son cou.
- Pour ça non », avait dit mère Barberin.
Et, prenant la vache par la longe, elle lui avait parlé doucement.
« Allons, ma belle, viens, viens. »
Et Roussette n’avait plus résisté ;
arrivé sur la route, le marchand l’avait attachée derrière sa voiture,
et il avait bien fallu qu’elle suivît le cheval.
         
Nous étions rentrés dans la maison. Mais longtemps encore nous avions entendu ses beuglements.
Plus de lait, plus de beurre. Le matin un morceau de pain ; le soir des pommes de terre au sel.
Le mardi gras arriva justement peu de
temps après la vente de Roussette ; l’année précédente, pour le mardi
gras, mère Barberin m’avait fait un régal avec des crêpes et des
beignets ; et j’en avais tant mangé, tant mangé, qu’elle en avait été
tout heureuse.
Mais alors nous avions Roussette, qui nous avait donné le lait pour délayer la pâte et le beurre pour mettre dans la poêle.
Plus de Roussette, plus de lait, plus de beurre, plus de mardi gras ; c’était ce que je m’étais dit tristement.
Mais mère Barberin m’avait fait une
surprise ; bien qu’elle ne fût pas emprunteuse, elle avait demandé une
tasse de lait à l’une de nos voisines, un morceau de beurre à une
autre, et, quand j’étais rentré, vers midi, je l’avais trouvée en train
de verser de la farine dans un grand poêlon en terre.
« Qu’est-ce qu’on fait avec de la farine ? dit-elle me regardant.
- Du pain.
- Et puis encore ?
- De la bouillie.
- Et puis encore ?
- Dame... Je ne sais pas.
- Si, tu sais bien.
         
Mais,
comme tu es un bon petit garçon, tu n’oses pas le dire. Tu sais que
c’est aujourd’hui mardi gras, le jour des crêpes et des beignets. Mais,
comme tu sais aussi que nous n’avons ni beurre, ni lait, tu n’oses pas
en parler. C’est vrai ça ?
- Oh ! mère Barberin.
- Donne-moi les oeufs, me dit-elle, et, pendant que je les casse, pèle les pommes. »
Pendant que je coupais les pommes en
tranches, elle cassa les oeufs dans la farine et se mit à battre le
tout, en versant dessus, de temps en temps, une cuillerée de lait.
Quand la pâte fut délayée, mère
Barberin posa la terrine sur les cendres chaudes, et il n’y eut plus
qu’à attendre le soir, car c’était à notre souper que nous devions
manger les crêpes et les beignets.
« Casse de la bourrée, me dit-elle ; il nous faut un bon feu clair, sans fumée. »
Alors mère Barberin décrocha de la muraille la poêle à frire et la posa au-dessus de la flamme.
« Donne-moi le beurre. »
Elle en prit, au bout de son couteau,
un morceau gros comme une petite noix, et le mit dans la poêle, où il
fondit en grésillant.
Ah ! c’était vraiment une bonne odeur
qui chatouillait d’autant plus agréablement notre palais que depuis
longtemps nous ne l’avions pas respirée.


  




                                                       
 


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مُساهمةموضوع: رد: sans famille (1page 10)   الثلاثاء 22 فبراير 2011, 18:25

sans famille




                                                       
 


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مُساهمةموضوع: رد: sans famille (1page 10)   الثلاثاء 22 فبراير 2011, 18:46


Excellente participation ALAA
Je suis triste que tu n'entres plus au forum
Tu as laissé une GRANDE PLACE
Je te souhaite bonne chance dans ta vie fiston




         

        





عدل سابقا من قبل abdelhalim berri في السبت 04 يناير 2014, 12:23 عدل 1 مرات
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مُساهمةموضوع: رد: sans famille (1page 10)   الثلاثاء 22 فبراير 2011, 18:48

merci mon père




                                                       
 


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مُساهمةموضوع: رد: sans famille (1page 10)   السبت 04 يناير 2014, 12:30

DE RIEN FISTON
JE SOUHAITE QUE TU REVIENNES PARMI NOUS MON CHER FILS
ALAA EDDINE KENNOU


        



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