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 ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh

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مُساهمةموضوع: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:27










Fille d'Oedipe, roi de Thèbes et de la reine
Jocaste (qui est aussi sa grand-mère). Antigone accompagna son père
en exil, mais retourna à Thèbes après sa mort pour épouser
Haemon, fils de Créon.

Au cours de la guerre des Sept Chefs, ses frères Etéocle
et Polynice s'entre-tuèrent. Créon, frère de Jocaste, alors
au pouvoir fit donner à Etéocle une sépulture décente,
mais ordonna que le corps de Polynice, qu'il considérait comme un traître
à sa patrie, restât sans sépulture à l'endroit où
il était tombé.
Antigone, convaincue que la loi divine devait l'emporter sur les décrets
humains, décida de rendre les honneurs funèbres à son frère.


Pour ne pas se souiller, Créon la condamna à être enfermée
vivante dans le tombeau des Labdacides où elle doit mourir de
faim. Le devin Tirésias lui rapporte ces paroles à peine obscures où il
doit sous peine
de malédiction "enterrer les morts et de déterrer les vivants".
Créon comprit et se précipita au tombeau mais il était déjà
trop tard.


Antigone s'était pendue et son amant éploré, Haemon, chercha à tuer son père et en le maudissant il se
suicida à son tour suivit dans son acte par la femme de Créon.



Version d'Euripide
Il existe une autre version racontée par Euripide. Créon imposa
à son fils de châtier sa future épouse. Haemon fit semblant
d'obéir et cacha Antigone à la campagne où elle lui donna
un enfant. Mais un jour que ce dernier participait à une épreuve
sportive à Thèbes, Créon remarqua une cicatrice en forme
de fer de lance qui était une caractéristique héréditaire
de la famille. Il comprit ce qui s'était passé et condamna à
mort Haemon et Antigone. Mais Dionysos en personne venu assurer la défense, obtint
le pardon et ainsi Haemon et Antigone purent se marier.


Autres versions
Dans une autre version Argia, la femme de Polynice aida Antigone à
porter le cadavre de son frère sur le bûcher qui avait été allumé pour
Etéocle. Arrêtées par la garde elles furent condamnées à mort mais
sauvées par l'armée athénienne conduite par Thésée.
Dans une autre version on raconte aussi qu'Antigone et sa sœur
Ismène furent brûlées vives dans le temple d'Héra par le fils d'Etéocle,
Laodamas.

De nombreux auteurs de toutes les époques ont été intéressés par cette tragédie.
santa
Jean de Rotrou
santa
Alfieri

santa J. Anouilh


OEDIPE


Héros thébain, fils de Laïos, roi de Thèbes et de Jocaste. Un oracle
avait prédit que si Laios avait un fils celui-ci tuerait son père et épouserait
sa mère.


Un fils naquit; aussitôt Laios le fit exposer sur le Cithéron. Des pâtres le
trouvèrent et comme il avait les pieds enflés par les cordes dont on les avait
serrés, ils le nommèrent Oedipe (du grec odein, être enflé, et pous pied). Ils le portèrent à Polybe, roi de Corinthe, qui l'éleva comme son fils.
Oedipe, devenu grand alla, pour éclaircir le mystère de sa naissance, consulter
l'oracle de Delphes, qui lui conseilla de ne pas retourner dans son pays, sous
peine de tuer son père et d'épouser sa mère. Pour fuir Corinthe, Oedipe prit
le chemin de la Béotie A un croisement de routes, il rencontra un vieillard,
se prit de querelle avec lui et le tua c'était Laios.
Près de Thèbes, Oedipe
se trouva en face du Sphinx qui soumettait aux passants
des énigmes et dévorait quiconque ne pouvait les résoudre. Oedipe devina les
énigmes du monstre; il fut proclamé roi de Thèbes, et épousa la reine Jocaste.


Une peste survint; l'oracle ordonna d'expulser le meurtrier de Laios. Oedipe
lança d'avance de terribles imprécations contre le meurtrier inconnu. Il découvrit
peu à peu le terrible secret de sa naissance. De désespoir Jocaste se pendit,
et Oedipe se creva les yeux.


D'après la tradition homérique, Oedipe resta roi
de Thèbes et il mourut à la guerre.


D'après une autre version, il fut chassé par ses fils et par Créon;
conduit par sa fille Antigone il se réfugia en Attique.
Suivant une autre légende il fut emprisonné à Thèbes par ses fils Etéocle et
Polynice et les maudit: d'où la querelle des deux frères et leur mort. Créon
devint roi et chassa Oedipe, qui demanda l'hospitalité à Athènes. A Colone,
il entra dans le bois des Euménides, où il
disparut





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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:34


Antigone de Jean Anouilh : Étude du Prologue
Sa structure :
1) Présentation des personnages :
- présentation d'Antigone ( = héroïne)
- présentation d'Ismène
- présentation d'Hémon
- présentation de Créon
- présentation de sa femme Eurydice, de la nourrice, puis du petit page de Créon
- présentation des trois gardes
La présentation des personnages s'effectue par ordre de proximité avec Antigone. Eurydice est quand même présentée alors qu'elle n'interviendra pas dans la pièce. La nourrice qui était pourtant avec Antigone depuis sa jeunesse n'est mentionnée qu'après Eurydice, ceci s'explique sans doute par le fait que la nourrice ne fait pas partie de la famille royale.
2) Présentation de l'histoire :
temporellement et spatialement, cette présentation est résumée "d'un bloc". On y annonce que c'est une tragédie et que la mort d'Antigone, d'Hémon et d'Eurydice est inéluctable.
Analyse :
I - Différences avec la tragédie classique :
Le Prologue est comme le "réalisateur" de la pièce. La distance avec Sophocle est marquée par la familiarité des attitudes des personnages, les gardes jouent aux cartes , et Ismène bavarde, et aussi par les anachronismes.
Normalement, lors de la scène d'exposition, les personnages principaux et l'intrigue sont exposés
par un dialogue qui ne s'adresse pas directement au public. Dans Antigone, elle est beaucoup plus schématique, elle est traitée d'une manière moderne, les personnages sont présentés de manière
organisé par ordre de proximité avec Antigone et l'un après l'autre.
Tous les personnages sont sur la scène, mais ils sont là comme si ils n'étaient pas encore en représentation mais en coulisses.
On peut aussi noter l'écart entre le personnage d'Antigone et son actrice : "Elle pense. Elle pense
qu'elle va être Antigone tout à l'heure", "il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout..." La distance entre spectateurs et acteurs est marquée : " de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir" Le vocabulaire du théâtre est utilisé ce qui ne nous permet pas d'oublier qu'on est au théâtre.
Le suspense a été "cassé". Mais, en fin de compte, non, comme on connaît l'histoire, on a comme une espèce de supériorité par rapport aux personnages, et on ne connaît pas les réactions qu'ils vont avoir durant la scène. Anouilh le dit lui même dans Œdipe ou le Roi boiteux (cliquez ici pour voir l'extrait où il en parle ). Par ailleurs, on sait qu'on va voir une tragédie : la mort
des personnages est annoncée et ils n'ont aucune issue pour y échapper.
Anouilh veut faire quelque chose de nouveau avec Antigone : il a écrit en prose avec un registre courant à familier alors que traditionnellement, les tragédies sont écrites en vers et avec un registre soutenu ; on découvre de nombreux anachronismes dans son œuvre comme : les trois gardes qui jouent aux cartes alors que les cartes n'existaient pas de ce temps - là et ils ont un chapeau au lieu d'un casque ; la reine tricote au lieu de s'occuper d'amour ou de politique, les gardes nous parlent de leurs enfants et de leurs femmes, ce qui ne se faisaient pas dans la tragédie classique, on nous dit qu'Ismène aime danser, ce qui est joyeux, alors que la tragédie doit être tragique ; on nous dit aussi à propos des gardes qu'ils "sentent l'ail, le cuir et le vin rouge", Anouilh traite les gardes sous un angle familier et en plus ils auront le droit à la parole dans le texte, alors que dans la tragédie classique, ils n'ont pas le droit de s'exprimer et on ne parle pas du tout de leur vie privée.

II - Les personnages:
Antigone et Ismène sont 2 sœurs mais elle s'éloigne à vitesse vertigineuse d'Ismène ("elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène" ), le Roi aussi est seul, Antigone et Créon, son oncle, sont donc tous les deux seuls, et cette solitude est fondamentale.
Personnage(s) d'Antigone : Antigone petite a un "sourire triste", des "yeux graves", elle est
"noiraude", "renfermée", "maigre" et "petite", c'est l'image de l'antihéros, tous ces adjectifs qualifiant Antigone connotent la mort, le tragique. Par une espèce de métamorphose, l'Antigone de mythe va "se dresser seule en face du monde", "elle va surgir", c'est vraiment une héroïne. Cette différence est beaucoup plus importante que la différence entre l'Antigone petite et sa sœur Ismène dont elle s'éloigne d'ailleurs à vitesse vertigineuse, Ismène est jeune et aurait bien aimé vivre. Antigone est destinée à mourir dès sa naissance, c'est pourquoi elle est indifférente lorsqu'elle rencontre Hémon.
Hémon : C'est quelqu'un qui restera un peu mystérieux dans toute la pièce. On peut se demander
si il aime vraiment Antigone. Le Prologue nous apprend qu'ils ne se marieront pas et que s'il n'avait choisi Ismène, il ne serait pas mort. Il est comme une espèce de pantin, il n'a pas de pouvoir alors qu'il est prince et destiné à devenir roi. C'est encore le petit garçon de son papa et de sa maman. Il n'existe pas vraisemblablement et son titre princier n'est qu'une apparence. Hémon se plie devant Antigone. Il n'a rien du jeune prince qui a de la consistance.
Eurydice : elle ne sait pas qu'elle va mourir, le regard porté sur Eurydice diffère nettement du
regard qui est porté sur Hémon. On dit toujours Madame mais jamais la reine. On a l'impression que la tragédie se passe à côté d'elle et qu'elle ne la concerne pas. Elle est "bonne",
"digne" et "aimante" mais cela ne la sauve pas de l'inutilité.
Créon : il ne peut s'appuyer sur personne : son fils est sans consistance, "seul avec son petit page
qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui." Créon est le seul qui va monter une argumentation contre Antigone, c'est le Roi mais en fin de compte, il ne l'assume pas complètement, il se demande d'ailleurs si ce n'est pas vain de conduire les hommes. C'est un homme cultivé, il est assez ouvert et il a accepté par devoir le poste de roi.
Le Messager : il sait déjà, c'est lui qui viendra annoncer la mort d'Antigone. C'est une témoin
privilégié. On peut encore noter un anachronisme : on sait quelque chose sur lui : il a le droit
de rêver, d'avoir des envies et de n'avoir pas envie de faire son devoir, d'être pâle et solitaire.
Les gardes : Ils ne sont pas complètement réduits à leur fonction, on parle de choses dont on ne parlerait jamais dans la tragédie classique. Coté quotidien : Ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge. Anouilh insiste sur le fait qu'ils sont toujours innocents et toujours satisfaits d'eux-mêmes, de la justice. Ils ne se posent pas de questions sur l'existence. "Ils sont dépourvus de toute imagination".
Anouilh insiste aussi sur leur lourdeur.

III - Conclusion :
Écart entre l'image classique que l'on a des personnages par rapport à la tragédie classique où l'on ne présente que les personnages nobles : on n'aurait présenté qu'Hémon, Créon, Eurydice, Antigone et Ismène. Exceptée Antigone, les personnages sont caractérisées par leur banalité. Dans la tragédie classique, ils sont plutôt sublimes. La conception du pouvoir est différente : dans la tragédie classique, on se bat pour le pouvoir et ici, le pouvoir est perçu comme un fardeau qu'il faut accomplir tous les jours.
Dans la suite de la pièce, Créon essaye de composer avec Antigone, il essaye de la sauver. Anouilh a voulu mettre plus d'humanité dans la tragédie.
La pièce est désacralisée : on a enlevé le coté exceptionnel des personnages de tragédie qui ne sont pas humains mais surhumains. On y faisait un mythe des personnages. Le tragique de la pièce va se concentrer dans le personnage d'Antigone, les autres personnes tiennent à leur humanité.



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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:44


Étude du texte n°2
(page 24 à 28 dans l'édition de 1999 de la Table Ronde)
"Écoute j'ai bien réfléchi ... ma petite sœur"


Antigone refuse de dialoguer : on le remarque par toutes les oppositions avec Ismène : "Moi je suis plus pondérée. Je réfléchis." // Antigone : "Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir" ; "je comprends un peu" // "moi je ne veux pas comprendre un peu".
Ismène se valorise, elle dit qu'elle a toujours raison : "réfléchir", "raison", "pondérée". C'est
elle qui mène le dialogue dans un premier temps : "Écoute". Ses arguments sont réalistes : elle dit que Créon n'a pas totalement tort : "Il est le roi, il faut qu'il donne l'exemple", son attitude s'explique par sa fonction de roi.
Ismène est partagée : elle a une attitude réaliste presque adulte et elle essaie de comprendre les uns et les autres. Il n'y a pas de partis tranchés chez Anouilh.
Dans la pièce de Sophocle, Antigone défend les lois sacrés contre la tyrannie. Ici on a une version plus "mitigée" des choses.

Antigone reprend des phrases de sa sœur de manière laconique, ces réponses ne permettent pas d'entrer dans un débat de fond avec Ismène, mais elles nous permettent de comprendre Antigone. On a l'impression qu'elle se démarque : "Moi, je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne l'exemple, moi... Ce qui lui passe par la tête, la petite Antigone, la sale bête, l'entêtée, la mauvaise, et puis on la met dans un coin ou dans un trou. Et c'est bien fait pour elle. Elle n'avait qu'à ne pas désobéir !". Elle se traite à la 3e personne en utilisant un vocabulaire péjoratif. Antigone veut nous dire qu'elle est libre : "je ne suis pas le roi", sa liberté existe depuis toujours et elle le revendique. L'affaire de Polynice n'en est qu'une partie. Elle a été depuis toujours indomptable. En fait, ce qu'elle nous dit n'est pas péjoratif pour elle. Sa sœur est présentée comme quelqu'un de plus raisonnable. Antigone ne veut pas s'enfermer dans un conformisme et faire comme tout le monde. Pour elle "comprendre" rejoint obéir et être
raisonnable. Ce verbe est repris par anaphore : "Il fallait comprendre" ( x2) et il est répété 7 fois en tout dans cette tirade. Elle oppose la notion de raison à l'envie de faire ce qu'elle veut quand elle veut. Elle avait envie de tout vivre pleinement : "manger tout à la fois", "donner tout ce qu'on a", "courir jusqu'à ce qu'on tombe". Ce désir d'absolu est lié à sa jeunesse : "Je comprendrai quand je serais vieille". Elle veut braver les interdits par ses jeux d'enfants, gratuits et agréables. Ce sont des plaisirs simples : elles jouent avec les éléments naturels : l'eau ("
toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide"), le vent ("courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre") et la terre. Le rôle de la Nature et de cette innocence sont importants chez Antigone.
La liberté s'exprime encore par l'expression "courir, courir dans le vent". Tout ces jeux s'opposent
aux règles sociales. Elle revendique la liberté de vivre naturellement et dans l'innocence face à la norme sociale donnée par Créon, contrairement à sa sœur qui accepte les règles dictées par le roi.
Antigone est l'image de la jeunesse exigeante ce qui dépasse le point de vue donné par la pièce de Sophocle.

Notion de vivre : Paradoxalement, on a l'impression qu'Antigone est plus sensible à la vie que sa sœur. Elle l'affirme par des questions oratoires : "Qui se levait la première, le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre? " Elle trouve le temps trop court et elle veut donc le vivre au maximum : "la première, le
matin", "la dernière [...] quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit".
Elle se présente comme la petite fille qui ne grandira pas. Pour elle vieillir, c'est devenir Ismène. Elle utilise l'imparfait pour dire à Ismène que c'était la dernière fois qu'elle faisait cela. Elle veut vivre pleinement le temps avec la nature, elle est en osmose avec elle, rien ne les séparent : "peau nue". Contrairement à Ismène qui est belle par son artifice : "belle robe". Elle veut vivre de la nuit, où elle est seule à seul avec la nature, comme si elle en tirait son énergie vitale. Ce désir de communion, de familiarité avec la nature s'exprime dans ce qu'elle a de plus commun : "petites bêtes". On retrouve cette notion de pureté et d'innocence d'Antigone.

Le type de dialogue entre les 2 personnages marquent bien le fossé qui les écartent. Ceci était
déjà exprimé dans le prologue.

Dans deux tirades, Ismène manifeste sa peur. Dans la première : sa peur vient du conformisme : "ils pensent tous comme lui" et du collectif qu'elle dévalorise : "des milliers et des milliers [...] grouillant". Elle vient de la loi du nombre, le nombre est relié par la taille de la ville : "dans
toutes les rues de Thèbes", "dans la ville". Elle y utilise le "nous", elle se sent proche de sa sœur, elle n'a plus cette innocence. Dans la deuxième tirade : elle évoque la foule : elle essaie d'impressionner Antigone par la quantité : "mille bras", "mille visages", "unique regard", ils regardent tous Antigone avec leurs deux mille yeux : ceci exprime encore la peur du conformisme. Ce vocabulaire haineux, du mépris, doit faire peur à Antigone : "cracheront à la figure", "leur
haine". Elle a peur des gardes qui l'enverront jusqu'à la mort : "supplice", elle les décrit comme des animaux qui ont la tête gonflée, qui ne réfléchissent pas : "regard de bœuf", "têtes d'imbéciles" et comme des gens grossiers, patauds, qui manquent de délicatesse : "grosses mains lavées", "cols raides". C'est son imaginaire qui la conduit et elle est déjà au stade du supplice où elle est accompagnée par les gardes dans la charrette qui sont une autre représentation de Créon.
Elle a surtout peur de souffrir.



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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:53

Tirade de Créon page 68 :
"L'orgueil d'Œdipe [...] il n'y a pas si longtemps"

Quelques remarques
Dans cette tirade, Créon démontre que la
fatalité est révolue. Le mythe est
dévalorisé ainsi que le tragique. Il traite Antigone
comme une enfant. Il prend la place de son père, il accuse
Antigone de s'assimiler à Œdipe et donc d'obéir
à la fatalité qui est cherchée par Antigone.

Commentaire
Introduction
Les gardes sont venus avec Antigone et Créon est bien
embêté. Il est mis au défit par Antigone.
Créon pense qu'Antigone imagine ne rien risquer à cause
de sa qualité de fille d'Œdipe, Antigone nie, d'où
l'expression l'orgueil d'Œdipe. Nous étudierons
successivement Créon vis-à-vis du mythe par rapport
à sa fonction de Roi et son attitude à l'égard
d'Antigone.

- Créon vis-à-vis du mythe par rapport à sa fonction de Roi
Créon reprend les éléments du mythe : "tuer
votre père", "coucher avec votre mère", "apprendre tout
cela après", "se crever les yeux", "aller mendier sur les
routes", "un messager crasseux dévale ..." où l'on
découvre le besoin de tête à tête avec le
destin et la mort d'Antigone.

Le mythe est présenté avec un côté
malsain : "breuvage", "boit goulûment", "avidement" comme si il
procurait du plaisir lors de sa dégustation, ce qui est
paradoxal : on prend plaisir avec ce qui va faire le malheur. Le
registre familier est utilisé : "hein", ce qui a pour effet de
désacraliser le mythe.

Quand on s'appelle Œdipe ou Antigone, l'orgueil, d'être
au-dessus des autres, nourrit le plaisir. Le malheur humain, c'est
trop peu pour eux. "l'humain vous gêne aux entournures dans la
famille" : la nature humaine est trop étroite, ils sont
à l'aise avec des choses qui n'arrivent pas aux autres.

"le plus simple après, c'est encore...", quelque chose qui
a du être terrible pour Œdipe serait simple ? Oui : C'est
tourner le dos à la vérité, il met un voile
parce que la vérité est très aveuglante.
Créon le traite de manière ironique, à la
légère, il refuse ce mythe. Créon utilise le
"votre" qui a pour effet de mettre Antigone dans le même panier
que son père. Il utilise des infinitifs, qui
généralisent comme si ça arrivait tous les
jours. Le messager est dévalorisé : par l'adjectif
"crasseux" et l'expression "dévale du fond des montagnes".
"regarder ta tante sous le nez", pour vérifier
l'identité de sa tante, expression familière qui
dévalorise, confronter les dates est une attitude
familière.

Conception du pouvoir de Créon : "Et bien non", on passe de
l'époque du mythe au non-événement. Le
pathétique éveille la pitié à
l'égard des faibles, Créon dévalorise le
tragique. Créon a une attitude réaliste : "les deux
pieds par terre", "les mains [...] dans mes poches". Il est
comme quelqu'un qui ferait son métier comme un paysan. Son
objectif est de remettre de l'ordre dans le monde.



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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:56

Étude Texte 6 : dernier échange entre Antigone et le garde ("Écoute... (p. 110) Et c'est à qui qu'elle est adressée ? (p. 117))

geek Tout d'abord, quelques remarques sur ce qui précède :
On remarque que le garde est omnibulé par son avenir, son avancement, il ne pense qu'à lui. Il
emploie du vocabulaire familier. Il a quelque chose de comique qui est pitoyable, son discours est presque caricatural, Antigone ne s'y intéresse pas. Le garde en est dévalorisé.
L'embrouillement des sonorités traduit l'embrouillement qui règne dans sa tête. Il est aux antipodes des pensées d'Antigone. Il est profondément indifférent à l'égard du tragique, comparable à l'indifférence de Créon qui se remet à sa tâche comme si rien ne s'était passé (voir p. 122). On remarque encore des anachronismes, notamment avec le terme "allocations".


santa Écart des tonalités entre les deux personnages
geek Attitude du garde dans ce passage :
Antigone a arrêté son discours : "Écoute." Le garde essaie de se mettre à l'abri de ce qu'elle dit ensuite, alors que ce qu'elle dit n'est pas banal et devrait renvoyer à sa propre mort. C'est comme si il était complètement imperméable à ce que dit Antigone, il poursuit son argumentation comme si elle (son argumentation) échappait complètement au garde. Le monde est indifférent, il laisse Antigone seule.
Tout ce qu'il lui dit constitue les éléments de son propre bonheur : la considération (= être reconnu), être presque un fonctionnaire. Mais on peut comprendre cela comme péjoratif sous le regard d'Anouilh et d'Antigone, son bonheur est constitué par du quotidien. Il crée un anachronisme (police // gendarmerie) (sergent // garde). Le garde répond
sans tact comme si ça ne concernait pas Antigone. Il le dit de manière abrupte, par exemple : "pour ne pas se souiller", c'est une remarque inutile et blessante pour Antigone. On peut penser
qu'il aurait été compréhensif avec Antigone s'il s'était arrêter à "Je ne sais pas" mais il poursuit et raconte des choses dont il n'est même pas certain et en plus, il raconte des choses horribles : "vous murer dans un trou" et il le dit directement comme si Antigone n'était pas concernée par ce sort.
Le garde possède une espèce de balourdise, ce qu'il fait qu'il se sent obligé de donner des
précisions : "d'abord". Ceci est souligné par la didascalie : "Le garde se fait une chique", il s'en moque, il vit son petit bonheur. Lorsque Antigone le questionne sur le mal pour mourir : il ramène ça à lui. Ce qu'il dit est décrédibilisé : "Je ne peux pas vous dire" mais il le dit tout de même : "Pendant la guerre, ceux qui étaient touchés au ventre, ils avaient mal.", ça ne le dérange pas de dire des choses horribles comme elles ne le concernent pas : "Moi, je n'ai jamais été
blessé". Il y a quelque part quelque chose d'odieux du garde envers Antigone, mais ce n'est pas par méchanceté, c'est par balourdise. Sans cesse, il revient à l'obsession de l'avancement, il est caricaturé, et ces répétitions doivent provoquer des rires. Le garde n'a pas d'épaisseur psychologique, au delà de son côté affectif, Créon n'a pas de grande profondeur.
Là encore, l'accent est mis sur le sort des gardes et non pas d'Antigone. Le garde insiste sur ce que va vivre les gardes qui surveilleront le "tombeau nuptial" d'Antigone, "en plein soleil". Il a pitié à l'égard de ceux qui vont devoir garder la caverne, et cette pitié est mélangée à une espèce de revendication, de râlerie. Il reste centré sur ces problèmes internes de fonctionnement. "Étonnez-vous", ce "vous" s'adresse à Antigone, c'est plus important pour lui que sa mort, il l'implique dans ces problèmes. Ça semble donner une importance considérable à tous ces problèmes. Quelque part, il recherche l'approbation explicite d'Antigone par les exclamatives : "Elle a bon dos, la garde !". La didascalie renvoie à la précédente : "qui a fini sa chique", Antigone est "soudain lasse".
Le discours du garde agit comme une mécanique indépendante d'Antigone alors que plus haut,
on avait un désir de dialogue.

geek Antigone :
Ses questions à propos de sa mort vivante sont au cœur de l'essentiel. Elles expriment la teneur
devant le sort qui l'attend par rapport à l'éloignement du garde. Elle va au plus direct : elle donne des réponses courtes.
Anouilh a voulu reprendre le désarroi d'Antigone, présent chez Sophocle, il utilise 3 fois "Ô". L'expression "lit nuptial" renvoie aux noces : elle se marie avec la mort, ce sera son mari, ceci connote comme une espèce d'amour envers ce destin. Parallélisme entre la nuit d'amour et la nuit de mort : Hémon va se tuer pour Antigone (p. 119). Le bonheur absolu ne peut qu'engendrer la mort.
Cela a
bien montré que la mort était destinée au mariage. C'est ce bonheur suprême qu'elle évoquait précédemment pour désigner Hémon. Pour mourir, elle sera "toute seule", mais mourir avec Antigone ne la gênerait pas : "Elle s'entoure de ses bras". Elle peut être davantage elle même ? C'est quelqu'un qui a besoin d'absolu (comme un grand marin, un alpiniste de haute montagne...) et qui n'a donc pas peur de la mort. En quelque sorte, elle s'approprie la mort.

santa La Lettre
geek Le garde :
On note toujours cette même indifférence. En plus, ce n'est pas lui qui risque gros mais Antigone. Il demande si la bague qu'elle lui donne est en or, connote la corruption. La position de principe paraît simple : il est garde et sa cupidité plus sa corruption font qu'il transige.
Le garde rejoint l'art de l'arrangement qui est celui de Créon. Le garde répète les phrases d'Antigone et les commente, il les écrit sans comprendre. Anouilh utilise un procédé comique : un élève qui écrit une dictée : "suce sa mine", "répète lentement", "peine sur sa dictée",
"écrit suçant sa mine". Le fait de répéter de sa grosse voix qui devrait être pathétique dévalorise et désacralise sa lettre.
Les commentaires du garde sont dévalorisants et ignobles.
Anouilh en fait une espèce de généralisation qui efface le poids de la mort d'Antigone. Lorsque le garde lui dit que "C'est une drôle de lettre", il dévalorise les dernières paroles d'Antigone.

geek Évolution d'Antigone
D'une part, Créon est comme réhabilité : "Créon avait raison". Elle se rend compte que "c'était simple de vivre...". Et d'autre part, c'est se révéler, elle avoue qu'elle n'est pas si certaine et si intransigeante qu'elle le disait auparavant. Elle dit même "Pardon" pour ce qu'elle a fait, elle se rend compte qu'elle a fait une erreur, qu'elle a blessé Hémon et qu'elle a vécu pour elle même et non pas pour les autres. "Sans la petite Antigone, vous auriez tous été bien tranquilles." Elle se considère comme quelqu'un qui les empêche de vivre. La tranquillité, ça veut dire aussi que la petite Antigone est là pour rappeler qu'il faut vivre une vie absolue et non pas une vie pépère. Elle "raye" en quelque sorte sa peur par rapport aux autres. Mais est-ce qu'elle le raye dans son esprit ? Cette ambiguïté semble perçue par le garde qui dit "c'est une drôle de lettre."
Et Antigone le lui confirme.
Quelque part, ça lui donne une humanité qu'elle n'avait pas auparavant, cela renforce le
tragique de la pièce. En fait, le véritable destinataire de la lettre, c'est le spectateur, c'est un subterfuge pour connaître les états d'âmes d'Antigone.







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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:58


Fiche signalétique d'Antigone :



Le texte de référence est celui publié par les Éditions de la Table Ronde, en 1999.

La pièce est composée sous sa forme quasi-définitive en 1942, et reçoit à
ce moment l'aval de la censure hitlérienne. Elle n'est jouée la première fois que deux ans
après, le 4 février 1944, au théâtre de l'Atelier à Paris, sans doute à
cause de difficultés financières. Après une interruption des représentations en août
1944, due aux combats pour la libération de Paris, elles reprennent normalement.

Antigone sera ensuite à nouveau représenté à Paris en 1947, 1949 et 1950
mais aussi dès mai 1944 à Bruxelles, en 1945 à Rome, et en 1949 à Londres.


Le contexte historique :



Antigone est une pièce des années noires, lorsque la France connaît la défaite
face aux armées nazies et elle tombe sous l'Occupation. Nous étudierons d'une part l'Occupation :
la situation générale et ensuite la radicalisation du régime de Vichy et d'autre part les
origines historiques de la pièce.

En 1942, Jean Anouilh réside à Paris, qui est occupée par les Allemands depuis la débâcle
de 1940 et l'Armistice. La République a été abolie et remplacée par l'État français,
sous la direction du maréchal Pétain. La France est alors découpée en plusieurs régions
: une zone libre au Sud, sous l'administration du régime de Vichy, une zone occupée au Nord, sous
la coupe des Allemands, une zone d'administration allemande directe pour les départements du Nord et du
Pas-de-Calais, rattachés à la Belgique, une zone annexée au Reich : l'Alsace-Lorraine et enfin,
une zone d'occupation italienne dans le Sud-Est (Savoie).

Refusant l'Armistice et le gouvernement de Vichy, le général Charles de Gaulle lance un appel
aux Français le 18 juin 1940 depuis Londres et il regroupe ainsi autour de lui les Forces françaises
libres (F.F.L.). C'est le début de la Résistance. Le 23 septembre 1941, un "Comité national
français" a été constitué, c'est une première étape vers un gouvernement
en exil. En métropole, la Résistance s'organise, tout d'abord de façon indépendante
et sporadique (qui se produit occasionnellement), puis en se rapprochant de de Gaulle sous la forme de réseaux,
comme Combat. En 1942, le mouvement a déjà pris une certaine ampleur qui se manifeste par
des actes de sabotage et des attentats contre des Allemands et des collaborateurs ; l'armée d'occupation
réplique par des représailles massives et sanglantes.

L'année 1942, marque un tournant décisif dans cette période. Les rapports de force se sont
modifiés, car les États-Unis viennent de déclarer la guerre à l'Allemagne. En France,
le 19 avril 1942, Pierre Laval revient au pouvoir après une éclipse d'un an et demi et accentue la
collaboration avec Hitler. Dans un discours radiodiffusé le 22 juin 1942, il déclare fermement :
"Je souhaite la victoire de l'Allemagne" et il crée le Service du travail obligatoire (S.T.O.)
pour l'aider en envoyant des ouvriers dans leurs usines de guerre. La rafle du Vél. d'Hiv. le 16 juillet
1942 envoie des milliers de juifs, via Drancy, dans les camps de concentration de d'extermination.

Ce n'est qu'en 1944 que nazis et collaborateurs subissent de véritables revers. Le Comité national
de la Résistance (C.N.R.), institué le 15 mai 1943, fédère les différentes branches
de la lutte antinazie et prépare l'après-guerre. Le 6 juin 1944, le débarquement des Alliés
en Normandie déclenche l'insurrection des maquis en France et organise la reconquête du territoire
français. Paris se soulève avant le moment prévu et se libère seul fin août 1944.

Avant même que la guerre ne soit terminée, l'épuration se met en place : de nombreux sympathisants
du régime de Vichy sont jetés en prison et condamnés, certains sont exécutés,
parfois sans procès ; les milieux culturels (journalistes, écrivains et acteurs) ne sont pas épargnés.
C'est dans ce climat troublé que de Gaulle regagne la France et en assure dans un premier temps le gouvernement.



C'est à un acte de résistance qu'Anouilh doit l'idée de travailler sur le personnage d'Antigone.
En août 1942, un jeune résistant, Paul Collette, tire sur un groupe de dirigeants collaborationnistes
au cours d'un meeting de la Légion des volontaires français (L.V.F.) à Versailles, il blesse
Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme n'appartient à aucun réseau de résistance,
à aucun mouvement politique ; son geste est isolé, son efficacité douteuse. La gratuité
de son action, son caractère à la fois héroïque et vain frappent Anouilh, pour qui un
tel geste possède en lui l'essence même du tragique. Nourri de culture classique, il songe alors à
une pièce de Sophocle, qui pour un esprit moderne évoque la résistance d'un individu face
à l'État. Il la traduit, la retravaille et en donne une version toute personnelle.


La nouvelle Antigone est donc issue d'une union anachronique, celle d'un texte vieux de 2400 ans et d'un
événement contemporain.


Présentation de la pièce :



Il faut garder en mémoire que dans la pièce de Sophocle le personnage tragique n'est pas Antigone,
mais Créon. Comme Œdipe, son neveu, dont il prend la suite, Créon s'est cru un roi heureux. En cela,
il fait preuve de "démesure" (ubris, en grec), pour cela il doit être puni. Antigone est
l'instrument des dieux, Hémon le moyen, Créon la victime. Lui seul est puni en fin de compte. La
mort d'Antigone n'est en rien une punition, puisqu'elle n'a commis aucune faute, au regard de la loi divine - au
contraire. La tragédie est celle d'un homme qui avait cru à son bonheur et que les dieux ramènent
aux réalités terrestres.

Représentée dans un Paris encore occupé, Antigone à sa création a
suscité des réactions passionnées et contrastées. Le journal collaborationniste Je
suis partout
porte la pièce aux nues : Créon est le représentant d'une politique qui ne
se soucie guère de morale, Antigone est une anarchiste (une "terroriste", pour reprendre la terminologie
de l'époque) que ses valeurs erronées conduisent à un sacrifice inutile, semant le désordre
autour d'elle. Des tracts clandestins, issus des milieux résistants, menacèrent l'auteur. Mais simultanément,
on a entendu dans les différences irréconciliables entre Antigone et Créon le dialogue impossible
de la Résistance et de la collaboration, celle-là parlant morale, et celui-ci d'intérêts.
L'obsession du sacrifice, l'exigence de pureté de l'héroïne triomphèrent auprès
du public le plus jeune, qui aima la pièce jusqu'à l'enthousiasme. Les costumes qui donnaient aux
gardes des imperméables de cuir qui ressemblaient fort à ceux de la Gestapo aidèrent à
la confusion. Pourtant, même sur ces exécutants brutaux Anouilh ne porte pas de jugement : "Ce
ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais
ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l'heure. Ils sentent l'ail,
le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents
et toujours satisfaits d'eux-mêmes de la justice.". Et ne pas juger ces "auxiliaires de la justice",
les excuser même, un an après la rafle du Vel'd'Hiv peut paraître un manque complet de sensibilité
- ou la preuve d'une hauteur de vue qui en tout cas démarque la pièce de l'actualité immédiate.

Même si les positions politiques ultérieures d'Anouilh, et tout son théâtre, plein
de personnages cyniques et désabusés, le situent dans un conservatisme ironique, on peut postuler
qu'Antigone est en fait une réflexion sur les abominations nées de l'absence de concessions,
que ce soit au nom de la Loi (Créon) ou au nom du devoir intérieur (Antigone). C'est le drame de
l'impossible voie moyenne entre deux exigences aussi défendables et aussi mortelles, dans leur obstination,
l'une que l'autre.


Structure de la pièce :



Anouilh a repris le cadre général de la pièce de Sophocle. Le rideau s'ouvre au petit matin
sur la ville de Thèbes, juste après la proclamation du décret de Créon, au sujet duquel
Antigone s'oppose à sa sœur Ismène. Créon apprend d'un garde que le corps de Polynice a reçu
les hommages funèbres, puis voit Antigone amenée devant lui et la condamne à mort. Hémon
vient supplier son père, sans succès et s'enfuit. Antigone fait une dernière apparition, puis
marche vers la mort. Un messager apporte sur scène la nouvelle du suicide d'Hémon, puis de la reine.
Le rideau tombe sur Créon, qui reste seul sur une scène dévastée.

Le texte d'Anouilh se présente comme une suite ininterrompue de répliques, sans aucune des divisions
formelles qui font la tradition du théâtre français. Sans acte, sans scène, Antigone
se veut dans sa présentation le récit continu d'une journée où se joue le destin de
l'héroïne.

Anouilh ne se propose toutefois pas de révolutionner l'écriture théâtrale, et l'absence
de divisions n'est qu'affaire de forme. La pièce se déroule de façon classique, rhytmée
par les entrées et les sorties des personnages, qui permettent de restituer l'architecture traditionnelle
des scènes et de proposer la numérotation suivante :





Pages

Scène

Personnages

9-13 1

Le Prologue
13-20 2

Antigone, la Nourrice
21 3

Antigone, la Nourrice, Ismène
22-31 4

Antigone, Ismène
31-36 5

Antigone, la Nourrice
37-44 6

Antigone, Hémon
45-46 7

Antigone, Ismène
46-53 8

Créon, le Garde
53-55 9

Le Chœur
55-60 10

Antigone, le Garde, le Deuxième Garde, le Troisième Garde
60-64 11

Antigone, les Gardes, Créon
64-97 12

Antigone, Créon
97-99 13

Antigone, Créon, Ismène
99-100 14

Créon, le Chœur
100-105 15

Créon, le Chœur, Hémon
105-106 16

Créon, le Chœur
106 17

Créon, le Chœur, Antigone, les Gardes
106-117 18

Antigone, le Garde
117-119 19

Le Chœur, le Messager
119-122 20

Le Chœur, Créon, le Page
122-123 21

Le Chœur, les Gardes




Les personnages de la pièce






Les relations entre personnages sont en partie imposées par le modèle de Sophocle et la mythologie.
Les liens de parenté ne sont aucunement modifiés, et l'on retrouve le traditionnel tableau de famille
des Labdacides.

Antigone
:



Personnage central de la pièce dont elle porte le nom, Antigone est opposée dès les premières
minutes à sa sœur Ismène, dont elle représente le négatif. "la petite maigre",
"la maigre jeune fille moiraude et renfermée" (p. 9), elle est l'antithèse de la jeune
héroïne, l'ingénue, dont "la blonde, la belle, l'heureuse Ismène" est au contraire
l'archétype.

Comme Eurydice, comme Jeanne d'Arc dans L'Alouette, elle a un physique garçonnier, sans apprêts
: elle aime le gris : "C'était beau. Tout était gris", "monde sans couleurs",
"La Nourrice (...) Combien de fois je me suis dit : "Mon Dieu, cette petite, elle n'est pas assez coquette
! Toujours avec la même robe et mal peignée", Antigone le dit elle même : "je suis
noire et maigre".

Opiniâtre, secrète, elle n'a aucun des charmes dont sa sœur dispose à foison : elle est
"hypocrite", a un "sale caractère", c'est "la sale bête, l'entêtée,
la mauvaise". Malgré cela, c'est elle qui séduit Hémon : elle n'est pas dénuée
de sensualité, comme le prouve sa scène face à son fiancé, ni de sensibilité,
dont elle fait preuve dans son dialogue avec la Nourrice.

Face à Ismène, Antigone se distingue au physique comme au moral, et peut exercer une véritable
fascination : Ismène lui dit : "Pas belle comme nous, mais autrement. Tu sais bien que c'est sur toi
que se retournent les petits voyous dans la rue ; que c'est toi que les petites filles regardent passer, soudain
muettes sans pouvoir te quitter des yeux jusqu'à ce que tu aies tourné le coin." (pages 29-30)

Comme le basilic des légendes, dont le regard est mortel, Antigone pétrifie et stupéfait,
car elle est autre. Son caractère reçoit cette même marque d'étrangeté qui a
séduit Hémon et qui manque à Ismène, ce que Créon appelle son orgueil. Quelque
chose en elle la pousse à aller toujours plus loin que les autres, à ne pas se contenter de ce qu'elle
a sous la main : "Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, votre politique, votre nécessité,
vos pauvres histoires ? Moi, je peux encore dire "non" encore à tout ce que je n'aime pas et je
suis seule juge." (p. 78)

Cette volonté farouche n'est pas tout à fait du courage, comme le dit Antigone elle-même
(p. 28) ; elle est une force d'un autre ordre qui échappe à la compréhension des autres.


Ismène
:



Elle "bavarde et rit", "la blonde, la belle" Ismène, elle possède le "goût
de la danse et des jeux [...] du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi", elle est "bien
plus belle qu'Antigone", est "éblouissante", avec "ses bouclettes et ses rubans",
"Ismène est rose et dorée comme un fruit".

"sa sœur" possède une qualité indomptable qui lui manque : elle n'a pas cette force
surhumaine. Même son pathétique sursaut à la fin de la pièce n'est pas à la hauteur
de la tension qu'exerce Antigone sur elle-même : "Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens, j'ai
du courage. J'irai maintenant avec toi. [...] Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! [...]
Je ne peux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi !" (pages 97-98).

C'est sa faiblesse même, et non sa volonté, qui la pousse à s'offrir à la mort. Antigone
le voit bien, et la rudoie avec mépris : "Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi ! C'est moi, c'est moi
seule. Tu ne te figures pas que tu vas venir mourir avec moi maintenant. Ce serait trop facile ! [...] Tu
as choisi la vie et moi la mort. Laisse-moi maintenant avec tes jérémiades." (page 98)

Les deux rôles féminins de la pièce sont diamétralement opposés. Ismène
est une jolie poupée que les événements dépassent. Antigone au contraire est caractéristique
des premières héroïnes d'Anouilh : elle est une garçonne qui dirige, mène et vit
son rôle jusqu'au bout.


Créon :



"son oncle, qui est le roi", "il a des rides, il est fatigué", "Avant, du temps
d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures,
les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes".

C'est un souverain de raccroc, tout le contraire d'un ambitieux. Besogneux et consciencieux, il se soumet à
sa tâche comme à un travail journalier, et n'est pas si différent des gardes qu'il commande.
"Thèbes a droit maintenant à un prince sans histoire. Moi, je m'appelle seulement Créon,
Dieu merci. J'ai mes deux pieds sur terre, mes deux mains enfoncées dans mes poches, et, puisque je suis
roi, j'ai résolu, avec moins d'ambition que ton père, de m'employer tout simplement à rendre
l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible." (pages 68 et 69)

Au nom du bon sens et de la simplicité, Créon se voit comme un tâcheron, un "ouvrier"
du pouvoir (page 11). Il revendique le manque d'originalité et d'audace de sa vision, et plaide avec confiance
pour la régularité et la banalité de l'existence. Sa tâche n'est pas facile, mais il
en porte le fardeau avec résignation.

Personnage vieilli, usé, il se distingue par sa volonté d'accommodement ; mais il avoue aussi
avoir entretenu d'autres idéaux : "J'écoutais du fond du temps un petit Créon maigre
et pâle comme toi et qui ne pensait qu'à tout donner lui aussi..." (page 91). Créon se
considère lui-même comme une Antigone qui n'aurait pas rencontré son destin, une Antigone qui
aurait survécu.


Les gardes :



Ce sont " trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes", "ce ne sont pas de mauvais bougres",
"ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination". Ces gardes
représentent une version brutale et vulgaire de Créon. Leur langage sans raffinement, leur petitesse
de vue en font des personnages peu sympathiques, dont les rares bons mouvements ne suffisent pas à cacher
la peur de la hiérarchie ("Pas d'histoires !" revient souvent dans leur bouche). Sans être
totalement réduits à l'état de machines, ils sont essentiellement un instrument du pouvoir
de Créon, et rien de plus : "Le Garde : S'il fallait écouter les gens, s'il fallait essayer
de comprendre, on serait propres." (p. 55)

Leur soumission à Créon n'est pas établie sur la base d'une fidélité personnelle.
Ils sont des auxiliaires de la justice, respectueux du pouvoir en place, et ce quel que soit celui qui occupe le
pouvoir. Le Prologue indique bien que rien ne leur interdirait de se retourner contre Créon, si celui-ci
était déchu : "Pour le moment, jusqu'à ce qu'un nouveau chef de Thèbes dûment
mandaté leur ordonne de l'arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon."
(p. 12)

Sans états d'âme, ils passent au travers de la tragédie sans rien comprendre, et le rideau
tombe sur eux, comme il tombe dans Médée sur un garde et la Nourrice, après le suicide
de Médée et le meurtre de ses enfants :



"Le Garde
On a fauché la semaine dernière. On va rentrer demain ou après-demain si le temps se maintient.

La Nourrice
La récolte sera bonne chez vous ?

Le Garde
Faut pas se plaindre. Il y aura encore du pain pour tout le monde cette année-ci.

Le rideau est tombé pendant qu'ils parlaient."


C'est à travers eux que se manifeste le plus clairement le pessimisme aristocratique d'Anouilh.

Hémon
:



Le "jeune homme", "fiancé d'Antigone", est le fils de Créon, c'est un personnage
secondaire qui n'apparaît qu'en deux occasions, soumis à Antigone et révolté contre
Créon ; ses propos sont courts et simples ("Oui, Antigone."), ou témoignent d'une naïveté
encore enfantine. La peur de grandir se résume chez lui à l'angoisse de se retrouver seul, de regarder
les choses en face : "Père, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas toi, ce n'est pas aujourd'hui ! Nous ne
sommes pas tous les deux au pied de ce mur où il faut seulement dire oui. Tu es encore puissant, toi, comme
lorsque j'étais petit. Ah ! Je t'en supplie, père, que je t'admire, que je t'admire encore ! Je suis
trop seul et le monde est trop nu si je ne peux plus t'admirer." (p. 104)

Fiancé amoureux, enfant révolté, il est par son caractère davantage proche d'Ismène,
à qui le Prologue l'associe, que d'Antigone.

Eurydice
:



C'est "la vieille dame qui tricote", la "femme de Créon", "elle est bonne, digne,
aimante", mais "Elle ne lui est d'aucun secours"

Le
Page



Accompagnant Créon dans plusieurs scènes, il représente l'innocence émouvante, l'enfant
qui voit tout et ne comprend rien, qui n'est pour l'instant d'aucune aide, mais qui, à son tout, un jour,
pourrait bien devenir Créon ou Antigone.



"Créon
Ce qu'il faudrait, c'est ne jamais savoir. Il te tarde d'être grand, toi ?

Le Page
Oh oui, Monsieur !" (p.122)


La
Nourrice :



Personnage traditionnel du théâtre grec, mais inexistant dans la pièce de Sophocle, elle
a été créée par Anouilh pour donner une assise familière à la pièce,
et davantage montrer l'étrangeté du monde tragique. Avec elle, ni drame ni tragédie, juste
une scène de la vie courante, où la vieille femme, affectueuse et grondante, est une "nounou"
rassurante, qui ne comprend rien à sa protégée : "Tu te moques de moi, alors ? Tu vois,
je suis trop vieille. Tu étais ma préférée, malgré ton sale caractère."
(p. 20). Elle "a élevé les deux petites".


Le Messager :



C'est un "garçon pâle [...] solitaire". Autre personnage typique du théâtre
grec, il apparaît dans la pièce de Sophocle. Il se borne à être la voix du malheur, celui
qui annonce avec un luxe de détails la mort d'Hémon. Dans le récit du Prologue, il projette
une ombre menaçante : "C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hémon tout à l'heure.
C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà..."
(p. 12)


Le Chœur



Ce personnage joue aussi le rôle de messager de mort, mais son origine le rend plus complexe. Dans
les tragédies grecques, le chœur est un groupe de plus d'une dizaine de personnes, guidé par le personnage
du Coryphée. Il chante, danse peut-être, et se retrouve le plus souvent en marge d'une action qu'il
commente.

Dans Antigone, le Chœur est réduit à une seule personne, mais a gardé de son origine
une fonction collective, représentant un groupe indéterminé, celui des habitants de Thèbes,
ou celui des spectateurs émus. Face à Créon, il fait des suggestions, qui toutes se révèlent
inutiles.



"Ne laisse pas mourir Antigone, Créon ! Nous allons tous porter cette plaie au côté,
pendant des siècles. [...] C'est une enfant Créon. [...] Est-ce qu'on ne peut pas imaginer quelque
chose, dire qu'elle est folle, l'enfermer ? [...] Est-ce qu'on ne peut pas gagner du temps, la faire fuir demain
?" (pages 99 à 102)


Comme dans le théâtre antique, le chœur garde également une fonction de commentateur. Isolé
des autres personnages, il se rapproche du Prologue : il scande l'action pratiquement dans les mêmes termes.
"Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n'a plus qu'à se dérouler
tout seul." (p. 53) "Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été
bien tranquilles. Mais maintenant, c'est fini." (p. 122) Son "voilà" bat la mesure d'un mouvement
que le "Voilà" du Prologue avait mis en branle.

Autres personnages :


- "les deux fils d'Œdipe, Etéocle et Polynice" : "se sont battus et entre-tués
sous les murs de la ville" :



- "Etéocle l'aîné" : " le bon frère", "le fils fidèle
d'Œdipe", "le prince loyal", il a eu d'imposantes funérailles
- "Polynice, le vaurien, le voyou", "mauvais frère", "il a toujours été
un étranger" pour sa sœur Ismène, "un petit fêtard imbécile", "un
petit carnassier dur et sans âme", "une petite brute tout juste bonne à aller plus vite
que les autres avec ses voitures, à dépenser plus d'argent dans les bars.", il a été
laissé à pourrir dehors.
- mais, en vérité, ce sont tous les deux des crapules : Etéocle "ne valait pas plus cher
que Polynice", "deux larrons en foire", "deux petits voyous"


- "Madame Jocaste" maman d'Antigone
- Douce, sa chienne




Jean Anouilh :



Jean Anouilh (1910 - 1987) est
un auteur d'athée, qui représente la vieille France éternelle. En 1959, quinze ans après
Antigone, il choisit une voie nouvelle et suit les pas de William Shakespeare (1564-1616) - poète et dramaturge
anglais, auteur d'une des plus grandes œuvres de la littérature universelle - en écrivant Becket
ou l'Honneur de Dieu
, l'histoire est donc à nouveau prétexte à une création originale.
La pièce, qui obtient un triomphe dès sa première représentation, sera adaptée
au cinéma en 1964, puis reprise en 1971 à la Comédie-Française. C'est la scène
la plus bouleversante du théâtre contemporain. Bruno Cremer et Anouilh forment un couple, Anouilh
est comme un petit-frère pour Cremer. Chez Anouilh, la psychologie n'a pas d'importance. Shakespeare - pour
Anouilh, c'est une lointaine connaissance - lui donne une leçon de liberté théâtrale.
Dans Hamlet (extrait), la scène de la mère est comme une
obscession.


De 1915 à 1928 : son père était immobilisé pour la Grande Guerre, il était
seul avec sa mère, pianiste et violoniste, il pouvait donc aller partout. C'est un enfant qui ne peut s'endormir
sans le retour de sa mère.

Son théâtre fait froncer le nez des intellectuels.
Dans L'arrestation, il a dit (lors d'un entretien)que ça pue l'amour avec des casinos bien propres.
C'est la pièce la plus complexe du théâtre français, Anouilh a réussi à
faire dialoguer tous les personnages de son œuvre.
Dans Colombe, il exprime qu'"il n'y a d'amour qu'absolu" et que la famille c'est ignoble.
En 1932, dans l'Hermine, jouée entre autre par Pierre Fresnay, il exprime le "non" à
la vie, que les choses laides, toutes les images sales, tout les tristes mots restent à jamais gravés
dans nos mémoires, et qu'"on est jamais sincères". Lui même a subi la blessure inguérissable
de la pauvreté et Louis Jouvet a approfondi sa blessure en l'appelant "le miteux". Anouilh dit
qu'il a un œuil de faune. Anouilh est accueilli par Georges Pitoëff vers 1936-1937, Anouilh avait alors avec
lui le Voyageur sans bagages. Ils ont passé deux heures extaordinaires ensemble, ils étaient
aussi timides l'un que l'autre. Pitoëff est dans le Cartel, le plus grand découvreur qui existe. Les
Pitoëff montent et jouent la Sauvage d'Anouilh (écrite en 1934).
Anouilh rencontre ensuite André Barsacq sur la scène de comédie
des Champs-Élysées
, le futur metteur en scène d'Antigone, c'est "le seul compagnon
de ma jeunesse" écrit Anouilh. Ils avaient qu'un an de différence d'âge.
Ils connaissent un succès triomphal en 1938 avec Le Bal des voleurs que monte André Barsacq.
Ils sont tous les deux myopes et ont donc des lunettes. Et Ils sont complémentaires si bien qu'ils sont
appelés "les jumelles".
Barsacq était le disciple de Charles Dullin, un personnage exceptionnel. C'était alors la Belle Epoque,
une époque de poètes.

Pour Anouilh, le théâtre était un lieu hanté, palpable seulement par lui, le seul
lieu où la vie humaine est stable. C'était sa demeure principale, le lieu qui lui convenait par execellence,
le lieu où il réalisait ses fantasmes et où il a rencontré toutes les personnes qui
ont été importantes dans sa vie, des gens innatendus comme Jean Vilar, alors que leurs chemins étaient
opposés.

En 1944, Antigone fit un coup de tonnerre, où Suzanne Flon a joué dans le rôle d'Ismène
et où Barsacq a réalisé la mise en scène. La pièce a été jouée
à la lumière du jour, par un froid de canard, elle était éclairée grâce
à un système de miroirs et lors de la fin de la pièce, le soleil se couchait et la nuit tombait.
C'était un courage inouï de jouer une pièce sur la révolte alors que la France était
occupée. Antigone a été un évènement sublime alors que personne ne croyait
à la pièce, pas même Anouilh et Barsacq, et personne n'avait applaudi lors de la première
représentation à la fin de la pièce. Anouilh lui même regrettait d'avoir écrit
Antigone et il disait que c'était catastrophique pour lui. Un soir, Anouilh et Barsacq ont distribués
des tracts de Résistance, ce qui a étonné les spectateurs, mais la presse clandestine accuse
Anouilh de collaboration. Le public était partagé, la pièce avait une résonnance étrange.
Anouilh se défend d'avoir sympathiser avec les pro-nazis, mais il affiche une certaine compassion pour les
vaincus et dénonce les excès de l'épuration. Il organise d'ailleurs, une campagne de signatures
pour sauver l'écrivain collaborationniste Robert Brasillach qui a été condamné à
mort en février 1945, mais sa tentative a échouée et son exécution le marque profondément.
Sa vision devient extrêmement noire.

En 1956, il écrira une pièce sur Robespierre, alors qu'il n'accrochait pas tellement et qu'il
avait grommelé, qu'il a intitulé Pauvre Bitos ou Le Dîner de têtes. Le personnage
de Bitos était une sorte d'insecte pour Anouilh et il devait parler d'une voix fausse. Il y dénonce
les procès politiques - y compris ceux de la Libération. C'est sans doute pourquoi, la pièce
a fait un scandale. Il y a même des gens qui tapaient avec leurs cannes sur sa voiture. Gautier l'accuse
de fascisme. Les spectateurs sortent en colère mais ils en sont contents. Anouilh dit lui-même que
l'étiquette politique qu'il porte est absolument scandaleuse. Il va porter la blessure de cette pièce
pendant un cetain temps. Ensuite, il en riait avec son "rire du sage", et il a choisi le comique avec
Ardèle ou La Marguerite.

L'époque de l'épuration lui a donné une image noire des humains. Sa vision est devenue
encore plus noire lorsqu'il a essayé de trouver des signatures pour sauver Robert Brasillach, le rédacteur
en chef de Je suis partout pendant l'Occupation, et qu'il a échoué, la feuille était
presque vide de signatures. Brasillach fut fusillé pour faits de collaboration.


Dans L'Hurluberlu ou Le Réactionnaire amoureux, son rire est très célinien. Ce regard
est servi en même temps par Georges Feydeau. Il n'y a que lui qui a parlé de la condition humaine.


Anouilh avait une grande tendresse envers Marcel Pérez : "Point de Pérez, point de salut"
(J. Anouilh)


Il écrit ensuite Le Boulanger, La Boulangère et le Petit Mitron. Anouilh aurait aimé
être acteur, Périer écrit : "Il était jaloux de ne pas pouvoir le faire".
Il aurait adoré être acteur et auteur mais il n'a peut-être pas osé à cause de
sa timidité. On remaque dans son théâtre que ses didascalies sont précises, c'est d'ailleurs
le lien rêvé entre le public et l'acteur, lien difficile, faire des pièces de théâtre
n'est pas comme être écrivain.


Lors des répétitions de L'Arrestation, il insiste pour que le mystère soit là,
pour ne pas qu'il y ait du policier. Pour Anouilh, il n'y a rien de définitif au théâtre, il
faut essayer. Quelqu'un d'ailleurs lui a dit qu'"Il fallait faire des pièces comme on fait des meubles."
Lors des répétitions générales, il disparaissait discrètement sans que les acteurs
s'en rendent compte. Les acteurs et les décorateurs forment une vraie famille avec Anouilh. Un d'entre eux
a raconté qu'a partir de la déformation de la caricature, il fait du vrai, qu'"Il a un muscle
fantastique", les acteurs sortent épuisés d'une pièce d'Anouilh. Pour lui, la caricature
est l'expression éclatée, exacerbée du personnage ; la réaction c'est rigolo, ce n'est
pas si grave ; et les personnages de théâtre forment un monde d'insectes, représentatif d'une
caricature de l'homme. Dans Le Scénario, il a montré ce qui s'est passé dans sa tête
à un moment précis. C'est le premier auteur de vraie dérision. Il a d'ailleurs soutenu Ionesco,
qui était pour Jean-Jacques Gautier, "un plaisantin". Les Poissons rouges est une pièce
goguenarde.


Anouilh était narchiste (veut un pouvoir autoritaire, opposé à anarchiste) et défendu
par les gens de droite, les conservateurs. Pour lui, les personnages sont des masques. Anouilh a une tête
de guignol, il fait un théâtre de singe, mais c'est beau.



http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/antigone/0.htm



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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 15:59

Le mythe d'Œdipe


Œdipe, dans la mythologie grecque,
roi de Thèbes, fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine
de Thèbes.

La reine Jocaste attend un enfant. Son mari,
Laïos, roi de Thèbes, s'enquiert auprès des dieux,
comme il est naturel, de ce qui va venir. La réponse de
l'oracle est terrible : " Il tuera son père ; il
épousera sa mère". Il décide d'échapper
à son destin :
il attacha les deux pieds de son fils nouveau-né, qu'ils
percent, et ils ordonnent qu'il soit abandonné dans la
montagne, aux bêtes sauvages sur les flancs du mont
Cithéron. Le bébé gémissant émeut
le cœur du serviteur chargé de la besogne. Il le confie
à des bergers du roi de Corinthe, qui l'amènent
à leur maître Polybos, roi de
Corinthe
sa femme Périboea désespérait justement d'avoir
un héritier, Polybos l'appela Œdipe (" celui qui a les
pieds enflés ",
en grec) et l'éleva comme son propre fils. Des années
passent. Un jour, pendant une querelle, un Corinthien traite
Œdipe d'enfant trouvé. Celui-ci, alarmé, part
demander la vérité à Pythie de Delphes. En
chemin, un vieillard monté sur un char lui commande, un peu
trop impérieusement, de s'écarter de son chemin.
Œdipe, qui a le sang vif, le tue. C'était bien sûr
le roi Laïos, son père. Ainsi, Œdipe accomplit la
prophétie sans le vouloir.

Œdipe arriva à Thèbes, qui
était sous la coupe d'un monstre sanguinaire appelé le
Sphinx, lion à tête de femme. La créature
bloquait les routes menant à la ville, tuant et
dévorant les voyageurs qui ne pouvaient résoudre
l'énigme fameuse qu'elle leur proposait : " Quel est l'animal
qui le matin marche sur quatre pieds, à midi sur deux et le
soir sur trois ?". Œdipe répond sans hésiter que
c'est l'homme, qui au matin de sa vie marche à quatre pattes,
va sur ses deux jambes à l'âge adulte et s'aide d'une
canne pour soutenir sa vieillesse. Le Sphinx, vexé, se
suicide. Œdipe s'attira les faveurs de la ville pour avoir
libéré Thèbes du Sphinx. En remerciement, les
Thébains le firent roi et lui donnèrent comme
épouse la veuve de Laïos, Jocaste. Pendant de nombreuses
années, le couple vécut heureux, ne sachant pas qu'ils
étaient en réalité mère et fils. La
seconde partie de l'oracle est accomplie.

Les années passent, des enfants naissent
du couple incestueux, deux garçons (Etéocle et
Polynice) et deux filles, Antigone et Ismène. Les dieux, qui
ont longtemps favoriser le règne d'Œdipe,
s'aperçoivent soudain, dans un spectaculaire accès de
mauvaise foi, que ce roi est un meurtrier.

Jusqu'au jour où la peste ravagea le
pays. Œdipe, innocemment, envoie son oncle Créon à
Delphes, et l'oracle de Delphes proclama que le meurtre de Laïos
devait être puni et que la maladie ravagera la cité tant
que son meurtre ne sera pas vengé. Œdipe prononce alors
contre le meurtrier une malédiction sauvage, et consulte le
devin Tirésias pour connaître le nom du coupable.
Tirésias esquive, feinte, suscite même contre lui des
soupçons roi. Finalement, excédé, il conseille
à Œdipe de consulter ses serviteurs. L'un d'eux,
témoin du meurtre, est ce même esclave qui autrefois a
"perdu" l'enfant sur le Mont Cithéron. La vérité
est dévoilée et Jocaste s'en suicide de
désespoir, et lorsqu'Œdipe se rendit compte qu'elle
était morte et que leurs enfants, Etéocle, Polynice,
Antigone et Ismène, étaient maudits, il se creva les
yeux, avec les broches de la reine, et renonça au trône.
Il part sur les routes, la main sur l'épaule d'Antigone,
chercher un pardon problématique. Parvenu en Attique, il est
purifié de son crime par Thésée, et en
reconnaissance meurt à Colone : un oracle n'a-t'il pas
déclarer que l'endroit où serait érigée
sa tombe serait béni par les dieux ? Ses enfants ont
d'ailleurs essayé en vain de le faire revenir à
Thèbes.





عدل سابقا من قبل abdelhalim berri في الثلاثاء 01 مايو 2012, 17:37 عدل 1 مرات
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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:00


La tragédie
classique




Les personnages sont la plupart du temps des
nobles, légendaires ou réels -héros antiques,
rois...- qui se lamentent face à leur destin. L'époque
de la tragédie est biblique ou antique. Elle se déroule
souvent dans un lieu unique comme une pièce de palais et elle
dure au maximum une journée. La pièce est écrite
en alexandrins et en cinq actes. L'effet recherché par la
tragédie est d'inspirer la terreur et la pitié et
provoque ainsi une purification des passions (la "catharsis"). Son
dénouement est souvent malheureux, en général,
c'est la mort. Elle aborde des thèmes comme la passion, la
vengeance et l'héroïsme. Les deux auteurs principaux sont
Corneille, après 1640, et Racine. La mort n'est jamais
représentée sur la scène à cause de la
règle de bienséance.




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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:03

Antigone : résumé de son histoire.




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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:04


Résumé de la pièce:

Après la mort d'OEdipe et ses deux fils,Etéocle et Polynice, l'oncle maternel, Créon est devenu roi de Thèbes.Il a décidé un bon enterrement pour Etéocle mais il a laissé Polynice sans enterrement. Il a même ajouté dans un décret royal que"quiconque osera enterrer le
cadavre de Polynice sera tué".
face à cela ,Antigone défie ce décret royal et se dresse contre "tous" pour réaliser son projet:
l'enterrement du cadavre de son frère Polynice. Après son arrestation par les gardes , son oncle,le roi Créon a voulu la sauver mais elle a refusé tout mensonge et tout compromis.
Malgré les supplications de Ismène et de Hémon, Créon était obligé de l'exécuter à mort.

Pour Antigone, l'enterrement du cadavre de Polynice est un devoir fraternel et un droit humain; c'est pour cela qu' elle veut le réaliser même si cela lui coûtera sa vie!
[/center]



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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:07

Le Prologue, personnage héritier du chef de choeur, présente les
protagonistes, leurs caractères et leurs rôles : Antigone, sa soeur
Ismène, son fiancé Hémon, le roi Créon qui est aussi le père d’Hémon,
Eurydice la femme de Créon, la nourrice d’Antigone, le messager et enfin
les trois gardes.

Antigone rentre chez elle, à l’aube, après une promenade nocturne, elle est
surprise par sa nourrice qui lui adresse quelques reproches. La nourrice
sort et Ismène dissuade Antigone d’ensevelir le corps de son frère
Polynice et ainsi d’enfreindre l’ordre de Créon. Sans succès, Antigone
n’entend pas devenir raisonnable.

Antigone se retrouve à nouveau seule avec sa nourrice, elle pense à la mort, la
nourrice la réconforte. Ensuite arrive Hémon à qui elle prie de lui
pardonner pour la dispute de la veille. Hémon la réconforte en lui
déclarant son amour. Antigone lui annonce ensuite qu’elle ne pourra pas
l’épouser en lui disant qu’il saura pourquoi "demain".

Ismène essaie encore une fois de convaincre Antigone de renoncer à son projet,
mais elle apprend qu’il a déjà débuté. Un des garde du roi arrive alors
pour annoncer à Créon que quelqu’un à recouvert de terre le corps de
Polynice. Créon ne veut pas que la nouvelle se répande.

Le choeur intervient pour donner sa vision de la tragédie et annonce le
"petit coup de pouce pour que cela démarre". Antigone se fait arrêter
par un garde pendant qu’elle recouvre pour la seconde fois le cadavre,
elle est emmenée chez Créon qui est prêt à la sauver et oublier
l’affaire. Antigone refuse et se révolte, elle veut sa mort.

Ismène arrive, elle veut mourir avec sa soeur, elle est prête aussi à aller
recouvrir le corps de Polynice mais Antigone refuse. Créon appelle la
garde qui emmène Antigone. Hémon supplie son père de l’épargner mais il
refuse car c’est elle qui voulait mourir. Hémon s’enfuit.

Antigone reste seule avec un garde, elle lui dicte une lettre qu’elle veut
adresser à Hémon. Le messager annonce la mort d’Antigone ainsi que celle
d’Hémon. Le Choeur apprends ensuite à Créon que sa femme Eurydice s’est
donnée la mort en apprenant la mort de son fils. Il ne reste plus que Créon et ses gardes…

Présentation des personnages principaux
Antigone Fille d’OEdipe
Physique
Le Prologue nous la décrit comme la petite "maigre jeune fille noiraude"
(p. 9). D’après Ismène : "Pas belle comme nous, mais autrement" (p. 29),
d’après sa nourrice "elle n’est pas assez coquette !" (p. 17) et
d’après elle-même : "je suis laide !" (p. 96), "je suis noire et maigre"
(p. 41). Antigone aurait voulu être un garçon : "Ai-je assez pleuré
d’être une fille !" (p. 29).

Moral et évolution
Antigone aime la vie : "Qui se levait la première, le matin, rien que pour
sentir l’air froid sur sa peau nue ?" (p. 28), "Moi aussi j’aurais bien
voulu ne pas mourir." (p. 24) et elle veut garder ses joies et ses
illusions d’enfance. C’est une fille rebelle : "Une fois je t’ai
attachée à un arbre et je t’ai coupé tes cheveux, tes beaux cheveux…"
(p. 22), "la petite Antigone, la sale bête, l’entêtée, la mauvaise
[...]. Elle n’avait qu’à ne pas désobéir!" (p. 25), c’est celle qui dit
non et ne veux comprendre : "Il fallait comprendre qu’on ne doit pas
manger tout à la fois, donner tout ce qu’on a dans ses poches au
mendiant qu’on rencontre [...]. Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je
ne veux pas comprendre." (p. 26). Elle déteste aussi l’habitude : "s’il
ne doit plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes,
[...], alors je n’aime plus Hémon!" (p. 93).

Quelques instants avant de mourir, elle ne sais plus pourquoi elle meurt : "Je
ne sais plus pourquoi je meurs." (p. 115), elle est morte pour rien, si
ce n’est pour offrir une réflexion sur la vie…

Créon Roi de Thèbes, oncle d’Antigone.
Physique

Le Prologue nous le présente comme étant un "homme robuste, aux cheveux blancs [...]. Il a des rides, il est fatigué." (p. 11).
Morale et évolution
Le Prologue nous présente Créon comme un homme seul : "Créon est seul", sa
femme Eurydice "ne lui est d’aucun secours" (p. 11), son page "ne peut
rien non plus pour lui" (p. 12) et à la fin de la tragédie le Choeur lui
dit : "Et tu es tout seul maintenant, Créon." (p. 121).

C’est un homme courageux, il a dû assumer le métier de roi : "Mais OEdipe et ses
fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses
manches et il a pris leur place." (p.11), "Un matin, je me suis réveillé
roi de Thèbes. Et Dieu sait si j’aimais autre chose dans la vie que
d’être puissant…" (p. 78). Il fait son travail du mieux qu’il peut :
"des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève,
tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée." (p. 11).

Il a de l’affection pour sa nièce Antigone mais ne la comprend pas, il va même
essayer de la sauver : "je vais tout de même perdre le temps qu’il
faudra et te sauver, petite peste." (p. 76). Après l’exécution
d’Antigone qu’il a été contraint d’entreprendre et qui a entrainée la
mort de son fils et de sa femme, il continue son travail quotidien : "Eh
bien, si nous avons conseil, petit, nous allons y aller." (p. 122).

[size=29*]Après avoir ordonné la mort, il attend la sienne : "Créon va commencer à
attendre la mort" (p. 123). Pour lui, tout est absurde… [/size]

Hémon Fils de Créon, fiancé d’Antigone.
Physique
Jeune prince vigoureux.
Morale et évolution
Il refuse de devenir un homme comme son père : "Regarde-moi, c’est cela devenir
un homme, voir le visage de son père en face, un jour." (p. 105), il
veut rester enfant. Il pense que son père peut tout faire : "Tu es le
maître" (p. 102), "Tu es encore puissant, toi, comme lorsque j’était
petit.", "Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne peux plus
t’admirer." (p. 104).

Lors de la mort d’Antigone qu’il ne supporte pas, "Hémon [...] se plonge l’épée
dans le ventre et il s’étend contre Antigone" (p. 119).

Ismène Soeur d’Antigone.
Physique
Belle jeune fille charmante et coquette aux yeux d’Antigone, elle aime aller
au bal : "Cela me rassure ce matin, que tu sois belle.", "et je t’ai
coupé tes cheveux, tes beaux cheveux…", "toutes ces belles mèches lisses
et bien ordonnées autour de la tête !" (p. 22), "Ismène est rose et
dorée comme un fruit." (p. 41).

Morale et évolution
Elle n’est pas courageuse et a peur de mourir : "Moi, tu sais, je ne suis pas
très courageuse" (p. 27), "Et souffrir ? Il faudra souffrir, sentir que
la douleur monte, qu’elle est arrivée au point où l’on ne peut plus la
supporter; qu’il faudrait qu’elle s’arrête, mais qu’elle continue
pourtant et monte encore, comme une voix aiguë… Oh! je ne peux pas, je
ne peux pas…". Elle souhaite raisonner sa soeur : "Essaie de comprendre
au moins !" (p. 25).

Pourtant à la fin de la pièce Ismène veut accompagner sa soeur dans la mort :
"Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens, j’ai du courage. J’irai
maintenant avec toi !" (p. 97), "Si vous la faites mourir, il faudra me
faire mourir avec elle !" (p. 97).

Thèmes principaux
La solitude
Antigone
Dès le début, le Prologue nous annonce qu’Antigone va "se dresser seule en face
du monde, seule en face de Créon" (p. 9). Antigone espérait l’aide de
sa soeur pour ensevelir son frère mais Ismène a renoncé : "Nous ne
pouvons pas. [...] Il nous ferait mourir." (p. 23), Ismène la traite de
folle : "J’ai bien pensé toute la nuit. Tu es folle." (p. 23).

Sa nourrice ne la comprend pas non plus : "Elle est fiancée et à quatre
heures du matin elle quitte son lit pour aller courir avec un autre."
(p. 18), elle s’efforce de prendre soin de sa santé : "je suis là comme
une idiote au lieu de lui donner quelque chose de chaud." (p. 21).

Créon non plus ne peut expliquer son comportement : "Pourquoi fais-tu ce geste,
alors ? Pour les autres, pour ceux qui y croient ? Pour les dresser
contre moi ? [...] Ni pour les autres, ni pour ton frère ? Pour qui
alors ?"

Antigone elle même veut agir seule sans comprendre les autres : "Je ne veux pas
comprendre. C’est bon pour vous. Moi je suis là pour autre chose que
pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et mourir.". Avant son
exécution, elle dit : "Je suis toute seule.".

Créon
Encore une fois, c’est le Prologue qui nous le présente : "Créon est seul. Seul
avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus
pour lui.". Sa femme Eurydice ne lui parlera pas, "elle tricotera
pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour vienne de se lever et
de mourir." (p. 11).

Pour accomplir son devoir, il ne compte que sur lui : "Mais OEdipe et ses
fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses
manches et il a pris leur place.", "Et puis, au matin, des problèmes
précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme
un ouvrier au seuil de sa journée." (p. 11).

Lorsqu’Antigone est en train de mourir, Hémon le supplie et il répond : "On est tout
seul, Hémon. Le monde est nu." (p. 105). A la fin de la tragédie, le
Choeur lui dit qu’il est seul, sa réponse est : "Tout seul, oui." et il
continue sa "sale besogne" (p. 121)…

Le bonheur
Dès le début Ismène parle du bonheur à Antigone : "Ton bonheur est là devant
toi et tu n’as qu’à le prendre. Tu es fiancée, tu es jeune, tu es
belle…" (p. 29), puis c’est au tour d’Hémon : "C’est plein de disputes
un bonheur." (p. 38). Lorsque Créon lui parle du bonheur : "Tu va me
mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c’est la consolation
dérisoire de vieillir, la vie, ce n’est pas peut-être tout de même que
le bonheur.", Antigone réagit, perdu : "Quel sera-t-il, mon bonheur ?
Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles
pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour par jour, pour
arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ?" (p.92).

Elle veut rester jeune : "Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! [...] Moi,
je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je
refuse ! [...] Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit
aussi beau que quand j’étais petite". (p. 95), elle refuse la médiocrité
: "Hémon ne doit plus pâlir qand je pâlis, s’il ne doit plus me croire
morte quand je suis en retard de cinq minutes, [...], alors je n’aime
plus Hémon!" (p. 93).

Analyse d’un extrait
Extrait (p. 110)
ANTIGONE, lui dit soudain.
Ecoute…
LE GARDE
Oui.
ANTIGONE
Je vais mourir tout à l’heure.
Le garde ne répond pas. Un silence. Il fait les cent pas. Au bout d’un moment, il reprend.
LE GARDE
D’un autre côté, on a plus de considération pour le garde que pour le sergentde l’active. Le garde, c’est un soldat, mais c’est presque un fonctionnaire.
ANTIGONE
Tu crois qu’on a mal pour mourir ?
LE GARDE
Je ne peux pas vous dire. Pendant la guerre, ceux qui étaient touchés au ventre, ils avaient mal. Moi, je n’ai jamais été blessé. Et, d’un sens, ça me nui pour l’avancement.
ANTIGONE
Comment vont-ils me faire mourir?
LE GARDE
Je ne sais pas. Je crois que j’ai entendu dire que pour ne pas souiller la ville de votre sang, ils allaient vous murer dans un trou.
ANTIGONE
Vivante?
LE GARDE
Oui, d’abord.
Un silence. Le garde se fait une chique.
ANTIGONE
O tombeau! O lit nuptial ! O ma demeure souterraine !… (Elle est toute petite au milieu de la grande pièce nue. On dirait qu’elle a un peu froid. Elle s’entoure de ses bras. Elle murmure.) Toute seule.
Situation dans l’oeuvre
Cet extrait se trouve juste après l’arrestation d’Antigone, elle se retouve seule avec un garde, elle attend sa mort.
Analyse
Champs lexicaux
La mort, la douleur: "mourir", "mal", "guerre", "touchés", "blessé", "nui", "sang", "murer dans un trou", "tombeau", "lit nuptial", "demeure souterraine".
Le silence et la solitude : "ne répond pas", "silence", "au bout d’un moment", "seule".
Ponctuation
Antigone utilise de courtes phrases entrecoupées par des points de suspension ou d’interrogations. Le seul endroit où elle utilise des points d’exclamation sert peut-être à marquer son désarroi.
Figure(s) de style
Antigone compare la mort avec son mariage avec l’expression "O tombeau! O lit nuptial! O ma demeure souterraine!…"
Temps et modes verbaux
range]29]La majorité des verbes sont au :
Présent de l’indicatif : "écoute", "c’est", "tu crois", "je ne peux", "je ne sais", "je crois"…
Passé composé : "ça ma nui".
Passé composé au passif : "je n’ai jamais été blessé".
Futur : "je vais", "vont-ils",.
Imparfait : "étaient", "avaient", ils allaient".
Constations [/size]
Le garde est indifférent aux paroles d’Antigone, il la laisse seule. Il lui
répond d’une manière maladroite : "pour ne pas souiller la ville de
votre sang, ils allaient vous murer dans un trou." et parle de son grade
: "Le garde, c’est un soldat, mais c’est presque un fonctionnaire" et
de son avancement : "ca m’a nui pour mon avancement".

Cette scène marque vraiment la solitude d’Antigone, le garde ne lui répond pas comme elle le voudrait, elle se replie sur elle-même : "Elle s’entoure de ses bras"…

http://nourddine.maktoobblog.com/366393/antigone-resume/







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مُساهمةموضوع: ANTIGONE sous-titrée en ARABE - Jean Anouilh (pièce complète)    الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:10







ANTIGONE sous-titrée en ARABE - Jean Anouilh (pièce complète)









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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:14

Antigone de Jean Anouilh : Fiche De leCture


Titre de l’oeuvre


Antigone

Auteur et siècle


Jean Anouilh, le 20ème siècle

Date d’écriture et de présentation


Pièce écrite en 1942 et présentée en 1944


Genre


Tragédie moderne


Personnages principaux


Antigone, Ismène, Créon, Hémon


Époque de l’action


Antiquité grecque


Lieu de l’action


Palais de Thèbes dans la cité de Thèbes(Grèce)


Composition


Pas d’actes ni de scènes


Registre de langue (niveau de langue)


Langage courant, parfois familier Langue familière : La nourrice, les gardes…


Registre ou tonalité de la pièce


Registre tragique


Règles classiques


-Respect de la règle des trois unités (lieu, temps, action) -Respect de la règle de bienséance (pas de mort sur scène)


Type de texte


L’ensemble du texte est globalement argumentatif


Indications temporelles


-Quatreheures du matin (première tentative d’Antigone d’enterrer le cadavre de son frère) -Midi (deuxième tentative d’Antigone) -Cinq heures (fin de la pièce)


Dénouement


Tragique : mort d’Antigone, d’Hémon et d’Eurydice


Le prologue


Personnage extérieur à l’intrigue, hors liste


Présentation des personnages


Présentés du plus important au moins important


Les thèmes


La solitude, le bonheur, l’enfance et le devoir


Fonction du choeur


Représente l’opinion publique et le peuple de Thèbes


Rapport des personnages avec la loi


-Antigone : Respect de la loi divine -Créon : Respect de la loi humaine


Liens entre les personnages


-Antigone
: fille d’OEdipe et nièce de Créon -Ismène : sœur d’Antigone
-Créon :
oncle d’Antigone (roi de Thèbes) -Hémon : fils de Créon et fiancé d’Antigone


Histoire de la pièce


Suite du mythe d’OEdipe : Antigone décide d’enterrer son frère et se dresser contre Créon, le roi, qui a interdit de donner les devoirs funèbres à Polynice, considéré comme un traître.


Arguments d’Antigone


-Polynice est son frère. -Il a le droit au repos. -Son devoir est de l’enterrer.


La notion de fatalité


Antigone ne peut échapper à son destin : La mort.


Les anachronismes


Décalage chronologique : situer à une époque ce qui appartient à une autre. Époque moderne


Figures de style


Des personnifications, des comparaisons, des métaphores, des antiphrases,……


Temps des verbes


Temps dominant : le présent. Emploi du conditionnel : scène Antigone et Hémon.





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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:24

ANTIGONE de Jean Anouilh


Voici les différentes fiches de révision sur Antigone de Anouilh :

- Prologue
- Rupture avec Hémon p 43/44
- Monologue du chœur p 53/54
- La tirade de Créon p 68/69
- Le politique "Mais bon dieu..." à "...Tu le comprends cela."


http://www.bacdefrancais.net/ant.php




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مُساهمةموضوع: Antigone d'Anouilh - extrait    الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:27







Antigone d'Anouilh - extrait







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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:35



Présentation de l’auteur :
Jean Anouilh, né à
Bordeaux en 1910,dramaturge français, auteur prolifique de pièces : le
Voyageur sans bagages (1937), Antigone (1943),.
Après des études de droit, il débute dans la publicité où il rencontrera Prévert.
Très
tôt passionné par le théâtre, Jean Anouilh assiste émerveillé, au
printemps 1928, à la représentation de Siegfried de Jean Giraudoux .
Cette pièce servira de révélateur : "c'est le soir de Siegfried que j'ai
compris..."
En 1929 il devient le secrétaire de Louis Jouvet . Les
relations entre les deux hommes sont tendues. Qu'importe, son choix est
fait, il vivra pour et par le théâtre.
Sa première pièce, l’Hermine
(1932), lui offre un succès d'estime, et il faut attendre 1937 pour
qu'il connaisse son premier grand succès avec le Voyageur sans bagages .
L'année suivante le succès de sa pièce la Sauvage confirme sa notoriété
et met fin à ses difficultés matérielles. Au travers de textes
apparemment ingénus, Anouilh développe "une vision profondément
pessimiste de l’existence".
Puis éclate la seconde guerre mondiale.
Pendant l'occupation, Jean Anouilh continue d'écrire. Il ne prend
position ni pour la collaboration, ni pour la résistance. Ce
non-engagement lui sera reproché.
il se lance dans l'adaptation de
tragédies grecques et obtient un nouveau succès avec Eurydice (1942). En
1944 est créé Antigone (1944). Cette pièce connaît un immense succès
public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de
défendre l'ordre établi en faisant la part belle à Créon . Ses
défenseurs mettent au contraire en avant les qualités de l'Héroïne.
À
la Libération, Anouilh continue d'écrire en alternant pièces "noires",
"roses", "brillantes", "grinçantes", "costumées", "secrètes" et
"farceuses", suivant leur degré de pessimisme, de férocité et
d’hypocrisie.
Il obtient de nombreux succès. Dont nous pouvons
notamment citer L'Invitation au château (1947), L'Alouette (1952),
Pauvre Bitos ou le dîner de têtes (1956), Beckett ou l'honneur de Dieu
(1959).
En 1961, il connaît un échec avec La Grotte . Il se tourne
alors vers la mise en scène. Anouilh est un des premiers à saluer le
talent de Samuel Beckett, lors de la création d'En attendant Godot. Il
soutiendra également Ionesco, Dubillard, Vitrac...
Il écrira encore
plusieurs pièces dans les années soixante-dix, dont certaines lui
vaudront le qualificatif "d'auteur de théâtre de distraction". Anouilh
assume alors parfaitement ce rôle revendiquant volontiers le
qualificatif de "vieux boulevardier". Et allant même jusqu'à se
présenter comme un simple "fabricant de pièces".
Il n'en reste pas
moins qu'Anouilh a bâti une œuvre qui sous l'apparence d'un scepticisme
amusé révèle un pessimisme profond. Il a également su dépeindre ces
combats passionnés où l'idéalisme et la pureté se fracassent contre le
réalisme et la compromission. Comme l'écrit Kléber Haedens,
"Anouilh touche par ses appels au rêve, sa nostalgie d'un monde pur et perdu".
Anouilh est mort en 1987.

Présentation des personnages:
Créon, roi de Thèbes, oncle d’Antigone.
Hémon, fils de Créon, fiancé d’Antigone.
Antigone, fille d’Œdipe.
Ismène, sœur d’Antigone.
trois gardes.
La nourrice d’Antigone.
Le prologue.
Le chœur.
Le messager.

Antigone Fille d'OEdipe
Physique
Le
Prologue nous la décrit comme la petite "maigre jeune fille noiraude"
(p. 9). D'après Ismène : "Pas belle comme nous, mais autrement" (p. 29),
d'après sa nourrice "elle n'est pas assez coquette !" (p. 17) et
d'après elle-même : "je suis laide !" (p. 96), "je suis noire et maigre"
(p. 41). Antigone aurait voulu être un garçon : "Ai-je assez pleuré
d'être une fille !" (p. 29).
Moral et évolution
Antigone aime la
vie : "Qui se levait la première, le matin, rien que pour sentir l'air
froid sur sa peau nue ?" (p. 28 ), "Moi aussi j'aurais bien voulu ne pas
mourir." (p. 24) et elle veut garder ses joies et ses illusions
d'enfance. C'est une fille rebelle : "Une fois je t'ai attachée à un
arbre et je t'ai coupé tes cheveux, tes beaux cheveux..." (p. 22), "la
petite Antigone, la sale bête, l'entêtée, la mauvaise [...]. Elle
n'avait qu'à ne pas désobéir!" (p. 25), c'est celle qui dit non et ne
veux comprendre : "Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à
la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on
rencontre [...]. Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas
comprendre." (p. 26). Elle déteste aussi l'habitude : "s'il ne doit plus
me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, [...], alors
je n'aime plus Hémon!" (p. 93).
Quelques instants avant de mourir,
elle ne sais plus pourquoi elle meurt : "Je ne sais plus pourquoi je
meurs." (p. 115), elle est morte pour rien, si ce n'est pour offrir une
réflexion sur la vie...

Créon Roi de Thèbes, oncle d'Antigone.
Physique
Le Prologue nous le présente comme étant un "homme robuste, aux cheveux blancs [...]. Il a des rides, il est fatigué." (p. 11).
Morale et évolution
Le
Prologue nous présente Créon comme un homme seul : "Créon est seul", sa
femme Eurydice "ne lui est d'aucun secours" (p. 11), son page "ne peut
rien non plus pour lui" (p. 12) et à la fin de la tragédie le Chœur lui
dit : "Et tu es tout seul maintenant, Créon." (p. 121).
C'est un
homme courageux, il a dû assumer le métier de roi : "Mais OEdipe et ses
fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses
manches et il a pris leur place." (p.11), "Un matin, je me suis réveillé
roi de Thèbes. Et Dieu sait si j'aimais autre chose dans la vie que
d'être puissant..." (p. 78 ). Il fait son travail du mieux qu'il peut :
"des problèmes précis se posent, qu'il faut résoudre, et il se lève,
tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée." (p. 11).
Il a
de l'affection pour sa nièce Antigone mais ne la comprend pas, il va
même essayer de la sauver : "je vais tout de même perdre le temps qu'il
faudra et te sauver, petite peste." (p. 76). Après l'exécution
d'Antigone qu'il a été contraint d'entreprendre et qui a entrainée la
mort de son fils et de sa femme, il continue son travail quotidien : "Eh
bien, si nous avons conseil, petit, nous allons y aller." (p. 122).
Après
avoir ordonné la mort, il attend la sienne : "Créon va commencer à
attendre la mort" (p. 123). Pour lui, tout est absurde...

Hémon Fils de Créon, fiancé d'Antigone.
Physique

Jeune prince vigoureux.
Morale et évolution
Il
refuse de devenir un homme comme son père : "Regarde-moi, c'est cela
devenir un homme, voir le visage de son père en face, un jour." (p.
105), il veut rester enfant. Il pense que son père peut tout faire : "Tu
es le maître" (p. 102), "Tu es encore puissant, toi, comme lorsque
j'était petit.", "Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne
peux plus t'admirer." (p. 104).
Lors de la mort d'Antigone qu'il ne
supporte pas, "Hémon [...] se plonge l'épée dans le ventre et il s'étend
contre Antigone" (p. 119).

Ismène Soeur d'Antigone.
Physique
Belle
jeune fille charmante et coquette aux yeux d'Antigone, elle aime aller
au bal : "Cela me rassure ce matin, que tu sois belle.", "et je t'ai
coupé tes cheveux, tes beaux cheveux...", "toutes ces belles mèches
lisses et bien ordonnées autour de la tête !" (p. 22), "Ismène est rose
et dorée comme un fruit." (p. 41).
Morale et évolution
Elle
n'est pas courageuse et a peur de mourir : "Moi, tu sais, je ne suis pas
très courageuse" (p. 27), "Et souffrir ? Il faudra souffrir, sentir que
la douleur monte, qu'elle est arrivée au point où l'on ne peut plus la
supporter; qu'il faudrait qu'elle s'arrête, mais qu'elle continue
pourtant et monte encore, comme une voix aiguë... Oh! je ne peux pas, je
ne peux pas...". Elle souhaite raisonner sa soeur : "Essaie de
comprendre au moins !" (p. 25).
Pourtant à la fin de la pièce Ismène
veut accompagner sa soeur dans la mort : "Antigone, pardon ! Antigone,
tu vois, je viens, j'ai du courage. J'irai maintenant avec toi !" (p.
97), "Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle !"
(p. 97).

Organisation de la pièce :
La pièce s’organise en un acte.
Résumé de l’intrigue :
Les deux frères d'Antigone se sont battus et se sont donnés la mort.
Pour
montrer l’exemple au peuple, Créon, roi de Thèbes, refuse d’enterrer
l'un des deux frères, ne laissant ainsi pas de repos à l’âme de
celui-ci. Trois gardes veilles jours et nuit sur le corps empêchant
quiconque de s’en approcher.
Antigone, notre héroïne, souhaite enterrer son frère et va donc se rebeller contre l’autorité de Créon.
Celui-ci est prêt à lui pardonner son crime si elle se repend, mais elle recommence ce qui oblige le roi à la mettre à mort.
Ismène
qui bien qu’en accords avec l’idée d’Antigone ne voulait pas y
participer, ne veut pas laisser partir sa sœur et décide de mourir avec
elle.
Hémon, le fiancé d’Antigone, fou d’amour pour elle, rejoint sa bien aimée dans le mur où elle se fait enterré vivante .
A la fin de la pièce Créon est désolé et apprend que sa femme s’est tué quand elle a sue la mort de son fils.
Bien que continuant son rôle de roi, Créon attend la mort qui le délivrera de ses tourments.

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مُساهمةموضوع: Antigone...vidéo réalisée par 2 élèves de Fès   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:41


Antigone...vidéo réalisée par 2 élèves de Fès








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مُساهمةموضوع: Antigone: résumé réalisé en vidèo par un élève    الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:45


Antigone: résumé réalisé en vidéo par un élève








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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:49


Antigone: résumé réalisé en vidéo par un élève ... La suite






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مُساهمةموضوع: Pièce Antigone d'Anouilh : le Choeur présente les Personnages, par le Conservatoire de Vichy    الثلاثاء 01 مايو 2012, 16:54







Pièce Antigone d'Anouilh : le Chœur présente les Personnages







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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 19:16

Présentation d'antigone

Antigone appartient aux légendes attachées à la ville de Thèbes. Elle est l'une
des enfants nés de l'union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa
propre mère, Jocaste . Antigone est la sœur d'Ismène, d'Etéocle et de
Polynice. Elle fait preuve d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans
pareils dans la mythologie.
Quand son père est chassé de Thèbes
par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture
sur les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu'à
la fin de son existence et l'assiste dans ses derniers moments.

Puis Antigone revient à Thèbes. Elle y connaît une nouvelle et cruelle
épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice se disputent le pouvoir. Ce
dernier fait appel à une armée étrangère pour assiéger la ville et
combattre son frère Etéocle. Après la mort des deux frères, Créon, leur
oncle prend le pouvoir . Il ordonne des funérailles solennelles pour
Etéocle et interdit qu'il soit donné une sépulture à Polynice, coupable à
ses yeux d'avoir porté les armes contre sa patrie avec le concours
d'étrangers. Ainsi l'âme de Polynice ne connaîtra jamais de repos.
Pourtant Antigone, qui considère comme sacré le devoir d'ensevelir les
morts, se rend une nuit auprès du corps de son frère et verse sur lui,
selon le rite, quelques poignées de terre. Créon apprend d'un garde
qu'Antigone a recouvert de poussière le corps de Polynice. On amène
Antigone devant lui et il la condamne à mort. Elle est enterrée vive
dans le tombeau des Labdacides . Plutôt que de mourir de faim, elle
préfère se pendre. Hémon, fils de Créon et fiancé d'Antigone se
suicide de désespoir . Eurydice , l'épouse de Créon ne peut supporter la
mort de ce fils qu'elle adorait et met fin elle aussi à ses jours.
La pièce de Sophocle (441 avant Jésus-Christ) commence lorsqu'Antigone
décide de braver l'interdiction de son oncle Créon et d'ensevelir le
corps de son frère Polynice.
C'est de ce texte de Sophocle que va
s'inspirer Anouilh pour écrire Antigone en 1942 : " l'Antigone de
Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a
été un choc soudain pour moi pendant la guerre , le jour des petites
affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon , avec la résonance de la
tragédie que nous étions alors en train de vivre".
Cette pièce , créée en 1944, connaît un immense succès public mais engendre une
polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l'ordre établi en
faisant la part belle à Créon . Ses défenseurs , au contraire , voient
dans Antigone la "première résistante de l'histoire" et dans la pièce un
plaidoyer pour l'esprit de révolte.





Résumé

Le Prologue, personnage héritier du chef de choeur, présente les
protagonistes, leurs caractères et leurs rôles : Antigone, sa soeur
Ismène, son fiancé Hémon, le roi Créon qui est aussi le père d'Hémon,
Eurydice la femme de Créon, la nourrice d'Antigone, le messager et enfin
les trois gardes.
Antigone rentre chez elle, à l'aube, après une
promenade nocturne, elle est surprise par sa nourrice qui lui adresse
quelques reproches. La nourrice sort et Ismène dissuade Antigone
d'ensevelir le corps de son frère Polynice et ainsi d'enfreindre l'ordre
de Créon. Sans succès, Antigone n'entend pas devenir raisonnable.
Antigone se retrouve à nouveau seule avec sa nourrice, elle pense à la mort, la
nourrice la réconforte. Ensuite arrive Hémon à qui elle prie de lui
pardonner pour la dispute de la veille. Hémon la réconforte en lui
déclarant son amour. Antigone lui annonce ensuite qu'elle ne pourra pas
l'épouser en lui disant qu'il saura pourquoi "demain".
Ismène essaie encore une fois de convaincre Antigone de renoncer à son projet,
mais elle apprend qu'il a déjà débuté. Un des garde du roi arrive alors
pour annoncer à Créon que quelqu'un à recouvert de terre le corps de
Polynice. Créon ne veut pas que la nouvelle se répande.
Le choeur intervient pour donner sa vision de la tragédie et annonce le "petit
coup de pouce pour que cela démarre". Antigone se fait arrêter par un
garde pendant qu'elle recouvre pour la seconde fois le cadavre, elle est
emmenée chez Créon qui est prêt à la sauver et oublier l'affaire.
Antigone refuse et se révolte, elle veut sa mort.
Ismène arrive, elle veut mourir avec sa soeur, elle est prête aussi à aller recouvrir
le corps de Polynice mais Antigone refuse. Créon appelle la garde qui
emmène Antigone. Hémon supplie son père de l'épargner mais il refuse car
c'est elle qui voulait mourir. Hémon s'enfuit.
Antigone reste seule avec un garde, elle lui dicte une lettre qu'elle veut adresser à
Hémon. Le messager annonce la mort d'Antigone ainsi que celle d'Hémon.
Le Choeur apprends ensuite à Créon que sa femme Eurydice s'est donnée la
mort en apprenant la mort de son fils. Il ne reste plus que Créon et ses gardes...


Les personnages principaux

Antigone :
Fille d'OEdipe
Le Prologue nous la décrit comme la petite "maigre jeune fille noiraude"
(p. 9). D'après Ismène : "Pas belle comme nous, mais autrement" (p. 29),
d'après sa nourrice "elle n'est pas assez coquette !" (p. 17) et
d'après elle-même : "je suis laide !" (p. 96), "je suis noire et maigre"
(p. 41). Antigone aurait voulu être un garçon : "Ai-je assez pleuré
d'être une fille !" (p. 29).
Antigone aime la vie : "Qui se levait la
première, le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue ?"
(p. 28), "Moi aussi j'aurais bien voulu ne pas mourir." (p. 24) et elle
veut garder ses joies et ses illusions d'enfance. C'est une fille
rebelle : "Une fois je t'ai attachée à un arbre et je t'ai coupé tes
cheveux, tes beaux cheveux..." (p. 22), "la petite Antigone, la sale
bête, l'entêtée, la mauvaise [...]. Elle n'avait qu'à ne pas désobéir!"
(p. 25), c'est celle qui dit non et ne veux comprendre : "Il fallait
comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on
a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre [...]. Comprendre.
Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre." (p. 26). Elle
déteste aussi l'habitude : "s'il ne doit plus me croire morte quand je
suis en retard de cinq minutes, [...], alors je n'aime plus Hémon!" (p. 93).
Quelques instants avant de mourir, elle ne sais plus
pourquoi elle meurt : "Je ne sais plus pourquoi je meurs." (p. 115),
elle est morte pour rien, si ce n'est pour offrir une réflexion sur la vie...

Créon :

Roi de Thèbes, oncle d'Antigone.
Le Prologue nous le présente comme étant un
"homme robuste, aux cheveux blancs [...]. Il a des rides, il est
fatigué." (p. 11).
Le Prologue nous présente Créon comme un homme
seul : "Créon est seul", sa femme Eurydice "ne lui est d'aucun secours"
(p. 11), son page "ne peut rien non plus pour lui" (p. 12) et à la fin
de la tragédie le Choeur lui dit : "Et tu es tout seul maintenant,
Créon." (p. 121).
C'est un homme courageux, il a dû assumer le
métier de roi : "Mais OEdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses
livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place."
(p.11), "Un matin, je me suis réveillé roi de Thèbes. Et Dieu sait si
j'aimais autre chose dans la vie que d'être puissant..." (p. 78). Il
fait son travail du mieux qu'il peut : "des problèmes précis se posent,
qu'il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au
seuil de sa journée." (p. 11).
Il a de l'affection pour sa nièce
Antigone mais ne la comprend pas, il va même essayer de la sauver : "je
vais tout de même perdre le temps qu'il faudra et te sauver, petite
peste." (p. 76). Après l'exécution d'Antigone qu'il a été contraint
d'entreprendre et qui a entrainée la mort de son fils et de sa femme, il
continue son travail quotidien : "Eh bien, si nous avons conseil,
petit, nous allons y aller." (p. 122).
Après avoir ordonné la
mort, il attend la sienne : "Créon va commencer à attendre la mort" (p.
123). Pour lui, tout est absurde..
.

Hémon :

Fils de Créon, fiancé d'Antigone.Jeune prince vigoureux.
Il refuse de devenir un homme comme son père : "Regarde-moi, c'est cela
devenir un homme, voir le visage de son père en face, un jour." (p.
105), il veut rester enfant. Il pense que son père peut tout faire : "Tu
es le maître" (p. 102), "Tu es encore puissant, toi, comme lorsque
j'était petit.", "Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne
peux plus t'admirer." (p. 104).

Lors de la mort d'Antigone qu'il
ne supporte pas, "Hémon [...] se plonge l'épée dans le ventre et il
s'étend contre Antigone" (p. 119).

Ismène :
Soeur d'Antigone.
Belle jeune fille charmante et coquette aux yeux d'Antigone, elle aime aller
au bal : "Cela me rassure ce matin, que tu sois belle.", "et je t'ai
coupé tes cheveux, tes beaux cheveux...", "toutes ces belles mèches
lisses et bien ordonnées autour de la tête !" (p. 22), "Ismène est rose
et dorée comme un fruit." (p. 41).
Elle n'est pas courageuse et a
peur de mourir : "Moi, tu sais, je ne suis pas très courageuse" (p.
27), "Et souffrir ? Il faudra souffrir, sentir que la douleur monte,
qu'elle est arrivée au point où l'on ne peut plus la supporter; qu'il
faudrait qu'elle s'arrête, mais qu'elle continue pourtant et monte
encore, comme une voix aiguë... Oh! je ne peux pas, je ne peux pas...".
Elle souhaite raisonner sa soeur : "Essaie de comprendre au moins !" (p.25).
Pourtant à la fin de la pièce Ismène veut accompagner sa
soeur dans la mort : "Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens,
j'ai du courage. J'irai maintenant avec toi !" (p. 97), "Si vous la
faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle !" (p. 97).


Biographie de Jean Anouilh

Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux (France). Son père est tailleur et sa
mère musicienne ainsi que professeur de piano, elle joue dans un
orchestre se produisant sur des scènes de casino en province. C'est dans
les coulisses de ces casinos qu'il découvre les grands auteurs
classiques : Molière , Marivaux et Musset.
Jean Anouilh vit à Paris et rentre au collège Chaptal. C'est très tôt qu'il se prend de
passion pour le théâtre . En 1928, il assiste émerveillé, au printemps, à
la représentation de Siegfried de Jean Giraudoux, l'adolescent de
dix-huit ans fut ébloui, subjugué...
En 1929 il devient le
secrétaire de Louis Jouvet. Les relations entre les deux hommes sont
tendues. Qu'importe, son choix est fait, il vivra pour et par le théâtre.
Sa première pièce, l'Hermine (1932), lui offre un succès
d'estime, et il faut attendre 1937 pour qu'il connaisse son premier
grand succès avec le Voyageur sans bagages . L'année suivante le succès
de sa pièce la Sauvage confirme sa notoriété et met fin à ses
difficultés matérielles.
Puis éclate la seconde guerre mondiale.
Pendant l'occupation, Jean Anouilh continue d'écrire. Il ne prend
position ni pour la collaboration, ni pour la résistance. Ce
non-engagement lui sera reproché.
En 1944 est créé Antigone.
Cette pièce connaît un immense succès public mais engendre une
polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l'ordre établi en
faisant la part belle à Créon . En 1945, il s'engage pour essayer de
sauver l'écrivain collaborateur Robert Brasillach de la peine de mort;
en vain. Cette exécution le marque profondément.
Il écrira encore
plusieurs pièces dans les années soixante-dix, dont certaines lui
vaudront le qualificatif "d'auteur de théâtre de distraction". Il n'en
reste pas moins qu'il a bâti une oeuvre qui révèle un pessimisme
profond.
Anouilh est mort en 1987





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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 19:17


Résumé d'Antigone de Jean Anouilh



Pour voir le résumé complet de cette roman
voici le lien


http://divers-cours.blogspot.com/2012/04/resume-dantigone-de-jean-anouilh.html





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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الثلاثاء 01 مايو 2012, 19:29





Presentation


Antigone appartient aux légendes attachées à la ville de Thèbes. Elle est l'une
des enfants nés de l'union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa
propre mère, Jocaste . Antigone est la sœur d'Ismène, d'Etéocle et de
Polynice. Elle fait preuve d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans
pareils dans la mythologie.

Quand son père est chassé de Thèbes par ses
frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur
les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu'à la
fin de son existence et l'assiste dans ses derniers moments.

Puis Antigone revient à Thèbes. Elle y
connaît une nouvelle et cruelle épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice
se disputent le pouvoir. Ce dernier fait appel à une armée étrangère
pour assiéger la ville et combattre son frère Etéocle. Après la mort
des deux frères, Créon, leur oncle prend le pouvoir . Il ordonne des
funérailles solennelles pour Etéocle et interdit qu'il soit donné une
sépulture à Polynice, coupable à ses yeux d'avoir porté les armes
contre sa patrie avec le concours d'étrangers. Ainsi l'âme de Polynice
ne connaîtra jamais de repos. Pourtant Antigone, qui considère comme
sacré le devoir d'ensevelir les morts, se rend une nuit auprès du corps
de son frère et verse sur lui, selon le rite, quelques poignées de
terre. Créon apprend d'un garde qu'Antigone a recouvert de poussière le
corps de Polynice. On amène Antigone devant lui et il la condamne à
mort. Elle est enterrée vive dans le tombeau des Labdacides . Plutôt
que de mourir de faim, elle préfère se pendre.

Hémon, fils de Créon et fiancé d'Antigone
se suicide de désespoir . Eurydice , l'épouse de Créon ne peut
supporter la mort de ce fils qu'elle adorait et met fin elle aussi à
ses jours.
Fiche signalétique d'Antigone :

Le texte de référence est celui publié par les Éditions de la Table Ronde, en 1999.
La
pièce est composée sous sa forme quasi-définitive en 1942, et reçoit à
ce moment l'aval de la censure hitlérienne. Elle n'est jouée la
première fois que deux ans après, le 4 février 1944, au théâtre de
l'Atelier à Paris, sans doute à cause de difficultés financières. Après
une interruption des représentations en août 1944, due aux combats
pour la libération de Paris, elles reprennent normalement.
Antigone
sera ensuite à nouveau représenté à Paris en 1947, 1949 et 1950 mais
aussi dès mai 1944 à Bruxelles, en 1945 à Rome, et en 1949 à Londres. Le contexte historique :
Antigone
est une pièce des années noires, lorsque la France connaît la défaite
face aux armées nazies et elle tombe sous l'Occupation. Nous étudierons
d'une part l'Occupation : la situation générale et ensuite la
radicalisation du régime de Vichy et d'autre part les origines
historiques de la pièce.
En
1942, Jean Anouilh réside à Paris, qui est occupée par les Allemands
depuis la débâcle de 1940 et l'Armistice. La République a été abolie et
remplacée par l'État français, sous la direction du maréchal Pétain.
La France est alors découpée en plusieurs régions : une zone libre au
Sud, sous l'administration du régime de Vichy, une zone occupée au
Nord, sous la coupe des Allemands, une zone d'administration allemande
directe pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à
la Belgique, une zone annexée au Reich : l'Alsace-Lorraine et enfin,
une zone d'occupation italienne dans le Sud-Est (Savoie).
Refusant
l'Armistice et le gouvernement de Vichy, le général Charles de Gaulle
lance un appel aux Français le 18 juin 1940 depuis Londres et il
regroupe ainsi autour de lui les Forces françaises libres (F.F.L.).
C'est le début de la Résistance. Le 23 septembre 1941, un "Comité
national français" a été constitué, c'est une première étape vers un
gouvernement en exil. En métropole, la Résistance s'organise, tout
d'abord de façon indépendante et sporadique (qui se produit
occasionnellement), puis en se rapprochant de de Gaulle sous la forme de
réseaux, comme Combat. En 1942, le mouvement a déjà pris une
certaine ampleur qui se manifeste par des actes de sabotage et des
attentats contre des Allemands et des collaborateurs ; l'armée
d'occupation réplique par des représailles massives et sanglantes.
L'année
1942, marque un tournant décisif dans cette période. Les rapports de
force se sont modifiés, car les États-Unis viennent de déclarer la
guerre à l'Allemagne. En France, le 19 avril 1942, Pierre Laval revient
au pouvoir après une éclipse d'un an et demi et accentue la
collaboration avec Hitler. Dans un discours radiodiffusé le 22 juin
1942, il déclare fermement : "Je souhaite la victoire de l'Allemagne" et
il crée le Service du travail obligatoire (S.T.O.) pour l'aider en
envoyant des ouvriers dans leurs usines de guerre. La rafle du Vél.
d'Hiv. le 16 juillet 1942 envoie des milliers de juifs, via Drancy, dans les camps de concentration de d'extermination.
Ce
n'est qu'en 1944 que nazis et collaborateurs subissent de véritables
revers. Le Comité national de la Résistance (C.N.R.), institué le 15 mai
1943, fédère les différentes branches de la lutte antinazie et prépare
l'après-guerre. Le 6 juin 1944, le débarquement des Alliés en
Normandie déclenche l'insurrection des maquis en France et organise la
reconquête du territoire français. Paris se soulève avant le moment
prévu et se libère seul fin août 1944.
Avant
même que la guerre ne soit terminée, l'épuration se met en place : de
nombreux sympathisants du régime de Vichy sont jetés en prison et
condamnés, certains sont exécutés, parfois sans procès ; les milieux
culturels (journalistes, écrivains et acteurs) ne sont pas épargnés.
C'est dans ce climat troublé que de Gaulle regagne la France et en
assure dans un premier temps le gouvernement.

C'est à un acte de résistance qu'Anouilh doit l'idée de travailler sur
le personnage d'Antigone. En août 1942, un jeune résistant, Paul
Collette, tire sur un groupe de dirigeants collaborationnistes au cours
d'un meeting de la Légion des volontaires français (L.V.F.) à
Versailles, il blesse Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme
n'appartient à aucun réseau de résistance, à aucun mouvement politique ;
son geste est isolé, son efficacité douteuse. La gratuité de son
action, son caractère à la fois héroïque et vain frappent Anouilh, pour
qui un tel geste possède en lui l'essence même du tragique. Nourri de
culture classique, il songe alors à une pièce de Sophocle, qui pour un
esprit moderne évoque la résistance d'un individu face à l'État. Il la
traduit, la retravaille et en donne une version toute personnelle.
La nouvelle Antigone est donc issue d'une union anachronique, celle d'un texte vieux de 2400 ans et d'un événement contemporain.
Présentation de la pièce :
Il
faut garder en mémoire que dans la pièce de Sophocle le personnage
tragique n'est pas Antigone, mais Créon. Comme Œdipe, son neveu, dont il
prend la suite, Créon s'est cru un roi heureux. En cela, il fait
preuve de "démesure" (ubris, en grec), pour cela il doit être puni.
Antigone est l'instrument des dieux, Hémon le moyen, Créon la victime.
Lui seul est puni en fin de compte. La mort d'Antigone n'est en rien
une punition, puisqu'elle n'a commis aucune faute, au regard de la loi
divine - au contraire. La tragédie est celle d'un homme qui avait cru à
son bonheur et que les dieux ramènent aux réalités terrestres.
Représentée dans un Paris encore occupé, Antigone à sa création a suscité des réactions passionnées et contrastées. Le journal collaborationniste Je suis partout
porte la pièce aux nues : Créon est le représentant d'une politique
qui ne se soucie guère de morale, Antigone est une anarchiste (une
"terroriste", pour reprendre la terminologie de l'époque) que ses
valeurs erronées conduisent à un sacrifice inutile, semant le désordre
autour d'elle. Des tracts clandestins, issus des milieux résistants,
menacèrent l'auteur. Mais simultanément, on a entendu dans les
différences irréconciliables entre Antigone et Créon le dialogue
impossible de la Résistance et de la collaboration, celle-là parlant
morale, et celui-ci d'intérêts. L'obsession du sacrifice, l'exigence de
pureté de l'héroïne triomphèrent auprès du public le plus jeune, qui
aima la pièce jusqu'à l'enthousiasme. Les costumes qui donnaient aux
gardes des imperméables de cuir qui ressemblaient fort à ceux de la
Gestapo aidèrent à la confusion. Pourtant, même sur ces exécutants
brutaux Anouilh ne porte pas de jugement : "Ce ne sont pas de mauvais
bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme
tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus
tranquillement du monde tout à l'heure. Ils sentent l'ail, le cuir et le
vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les
auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d'eux-mêmes de la
justice.". Et ne pas juger ces "auxiliaires de la justice", les excuser
même, un an après la rafle du Vel'd'Hiv peut paraître un manque
complet de sensibilité - ou la preuve d'une hauteur de vue qui en tout
cas démarque la pièce de l'actualité immédiate.Même
si les positions politiques ultérieures d'Anouilh, et tout son
théâtre, plein de personnages cyniques et désabusés, le situent dans un
conservatisme ironique, on peut postuler qu'Antigone est en
fait une réflexion sur les abominations nées de l'absence de
concessions, que ce soit au nom de la Loi (Créon) ou au nom du devoir
intérieur (Antigone). C'est le drame de l'impossible voie moyenne entre
deux exigences aussi défendables et aussi mortelles, dans leur
obstination, l'une que l'autre






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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   الإثنين 03 ديسمبر 2012, 08:01





كن في الحياة
كعابر سبيل
واترك وراءك كل جميل فنحن في الحياة
مجرد ضيوف
وما على الضيوف
الا الرحيل
۞*•.¸.•*۞*•.¸.•*  ۞لا اله الا الله محمد رسول الله ۞*•.¸.•*۞*•.¸.•*  ۞
 
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مُساهمةموضوع: رد: ANTIGONE ... Lue par Jean Anouilh   السبت 24 أغسطس 2013, 18:14

  


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