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 "EN FAMILLE" dernier chapitre du roman "SANS FAMILLE " d'Hector Malot

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كاتب الموضوعرسالة
abdelhalim berri
المدير العام
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الإسم الحقيقي : Abdelhalim BERRI
البلد: Royaume du Maroc

عدد المساهمات: 16867
تاريخ التسجيل: 11/08/2010
الجنس: ذكر

مُساهمةموضوع: "EN FAMILLE" dernier chapitre du roman "SANS FAMILLE " d'Hector Malot   الأحد 01 أبريل 2012, 22:24


XXI
En famille

Les années se sont écoulées –, nombreuses, mais courtes, car elles n’ont été remplies que de belles et douces journées.J’habite en ce moment l’Angleterre, Milligan-Park,le manoir de mes pères.Le petit misérable, qui, enfant, a passé tant de nuits dans les granges, dans les étables ou au coin d’un bois à la belle étoile, est maintenant l’héritier d’un vieux château historique que visitent les curieux et que recommandent les guides.C’est ce vieux manoir de Milligan-Park que nous habitons en famille, ma mère, mon frère, ma femme et moi.Depuis six mois que nous y sommes installés, j’ai passé bien des heures dans le chartrier où sont conservés les chartes, les titres de propriété, les papiers de la famille, penché sur une large table en chêne noircie par les ans, occupé à écrire ; ce ne sont point
cependant ces chartes ni ces papiers de famille que je consulte laborieusement, c’est le livre de mes souvenirs que je feuillette et mets en ordre.Nous allons baptiser notre premier enfant, notre fils,le petit Mattia, et, à l’occasion de ce baptême, qui va réunir tous ceux qui ont été mes amis des mauvais jours, je veux offrir à chacun d’eux un récit des aventures auxquelles ils ont été mêlés, comme un témoignage de gratitude pour le secours qu’ils m’ont donné ou l’affection qu’ils ont eue pour le pauvre enfant perdu. Quand j’ai achevé un chapitre, je l’envoie à Dorchester, chez le lithographe ; et, ce jour même, j’attends les copies autographiées de mon manuscrit pour en donner une à chacun de mes invités.Cette réunion est une surprise que je leur fais, et que je fais aussi à ma femme, qui va voir son père, sa sœur,ses frères, sa tante qu’elle n’attend pas ; seuls ma mère et mon frère sont dans le secret. Si aucune complication n’entrave nos combinaisons, tous logeront ce soir sous mon toit et j’aurai la joie de les voir autour de ma table.Un seul manquera à cette fête, car, si grande que soit la puissance de la fortune, elle ne peut pas rendre la vie à ceux qui ne sont plus. Pauvre cher vieux maître,comme j’aurais été heureux d’assurer votre repos !Vous auriez déposé la piva, la peau de mouton et laveste de velours ; vous n’auriez plus répété : « En
avant, mes enfants ! » Une vieillesse honorée vous eût permis de relever votre belle tête blanche et de reprendre votre nom ; Vitalis, le vieux vagabond, fût redevenu Carlo Balzani le célèbre chanteur. Mais ce que la mort impitoyable ne m’a pas permis pour vous, je l’ai fait au moins pour votre mémoire ; et, à Paris,dans le cimetière Mont parnasse, ce nom de Carlo Balzani est inscrit sur la tombe que ma mère, sur ma demande, vous a élevée ; et votre buste en bronze,sculpté d’après les portraits publiés au temps de votre célébrité, rappelle votre gloire à ceux qui vous ont applaudi. Une copie de ce buste a été coulée pour moi ;elle est là devant moi ; et, en écrivant le récit de mes premières années d’épreuves, alors que la marche des événements se déroulait, mes yeux bien souvent ont cherché les vôtres. Je ne vous ai point oublié, je ne vous oublierai jamais, soyez-en sûr ; si, dans cette existence périlleuse d’un enfant perdu, je n’ai pas trébuché, je ne suis pas tombé, c’est à vous que je le dois, à vos leçons,à vos exemples, ô mon vieux maître ! et dans toute fête votre place sera pieusement réservée.Mais voici ma mère qui s’avance dans la galerie des portraits ; l’âge n’a point terni sa beauté ; et je la vois aujourd’hui telle qu’elle m’est apparue pour la première fois, sous la véranda du Cygne, avec son air noble, sirempli de douceur et de bonté ; seul le voile demélancolie alors continuellement baissé sur son visage s’est effacé.Elle s’appuie sur le bras d’Arthur, car maintenant cen’est plus la mère qui soutient son fils débile etchancelant, c’est le fils devenu un beau et vigoureux jeune homme, habile à tous les exercices du corps,élégant écuyer, solide rameur, intrépide chasseur, qui,avec une affectueuse sollicitude, offre son bras à samère : ainsi, contrairement au pronostic de notre oncleM. James Milligan, le miracle s’est accompli : Arthur avécu, et il vivra.À quelque distance derrière eux, je vois venir une vieille femme vêtue comme une paysanne française etportant sur ses bras un tout petit enfant enveloppé dans une pelisse blanche ; la vieille paysanne, c’est mère Barberin, et l’enfant, c’est le mien, c’est mon fils, lepetit Mattia.Après avoir retrouvé ma mère, j’avais voulu quemère Barberin restât près de nous ; mais elle n’avait pasaccepté.« Non, m’avait-elle dit, mon petit Rémi, ma place n’est pas chez ta mère en ce moment. Tu vas avoir àtravailler pour t’instruire et pour devenir un vraimonsieur par l’éducation, comme tu en es un par lanaissance. Que ferais-je auprès de toi ? Ma place n’estpas dans la maison de ta vraie mère. Laisse-moi retourner à Chavanon. Mais pour cela notre séparation
ne sera peut-être pas éternelle. Tu vas grandir ; tu te marieras, tu auras des enfants. Alors, si tu le veux, et si je suis encore en vie, je reviendrai près de toi pour élever tes enfants. Je ne pourrai pas être leur nourrice comme j’ai été la tienne, car je serai vieille ; mais la vieillesse n’empêche pas de bien soigner un enfant ; on a l’expérience ; on ne dort pas trop. Et puis je l’aimerai,ton enfant, et ce n’est pas moi, tu peux en être certain,qui me le laisserai voler comme on t’a volé toi-même. »Il a été fait comme mère Barberin désirait ; peu de temps avant la naissance de notre enfant, on est allé la chercher à Chavanon, et elle a tout quitté, son village,ses habitudes, ses amis, la vache issue de la nôtre, pour venir en Angleterre près de nous. Notre petit Mattia est nourri par sa mère ; mais il est soigné, porté, amusé,cajolé par mère Barberin qui déclare que c’est le plus bel enfant qu’elle ait jamais vu.Arthur tient dans sa main un numéro du
Times ; il le dépose sur ma table de travail en me demandant si jel’ai lu, et, sur ma réponse négative, il me montre dudoigt une correspondance de Vienne que je traduis :« Vous aurez prochainement à Londres la visite deMattia ; malgré le succès prodigieux qui a accueilli lasérie de ses concerts ici, il nous quitte, appelé enAngleterre par des engagements auxquels il ne peutmanquer. Je vous ai déjà parlé de ces concerts ; ils ont produit la plus vive sensation autant par la puissance etpar l’originalité du virtuose que par le talent ducompositeur ; pour tout dire, en un mot, Mattia est leChopin du violon. »À ce moment, un domestique me remet une dépêchetélégraphique qu’on vient d’apporter :« C’est peut-être la traversée la plus courte, mais cen’est pas la plus agréable ; en est-il d’agréable,d’ailleurs ? Quoi qu’il en soit, j’ai été si malade quec’est à Red-Hill seulement que je trouve la force de teprévenir ; j’ai pris Cristina en passant à Paris ; nousarriverons à Chegford à quatre heures dix minutes,envoie une voiture au-devant de nous.« Mattia. »En parlant de Cristina, j’avais regardé Arthur, maisil avait détourné les yeux ; ce fut seulement quand jefus arrivé à la fin de la dépêche qu’il les releva.« J’ai envie d’aller moi-même à Chegford, dit-il, jevais faire atteler le landau.– C’est une excellente idée ; tu seras ainsi au retourvis-à-vis de Cristina. »Sans répondre, il sortit vivement ; alors je me tournai vers ma mère.« Vous voyez, lui dis-je, qu’Arthur ne cache pas sonempressement ; cela est significatif. »Mais ma mère m’interrompit.« Voici ta femme », dit-elle.Ma femme, vous l’avez deviné, et il n’est pas besoinque je vous le dise, n’est-ce pas ? ma femme, c’est lapetite fille aux yeux étonnés, au visage parlant que vousconnaissez, c’est Lise, la petite Lise, fine, légère,aérienne. Lise n’est plus muette ; mais elle a parbonheur conservé sa finesse et sa légèreté qui donnent àsa beauté quelque chose de céleste. Lise n’a point quittéma mère, qui l’a fait élever et instruire sous ses yeux, etelle est devenue une belle jeune fille, la plus belle des jeunes filles, douée pour moi de toutes les qualités, detous les mérites, de toutes les vertus, puisque je l’aime.« Eh bien, dit Lise en entrant, que se passe-t-ildonc ? on se cache de moi ; on se parle en cachette ;Arthur vient de partir pour la station de Chegford, lebreak a été envoyé à celle de Ferry. Quel est cemystère, je vous prie ? »L’heure a marché, et le break que j’ai envoyé àFerry, au-devant de la famille de Lise, doit arriver d’uninstant à l’autre. Alors, voulant jouer avec cettecuriosité, je prends une longue-vue qui nous sert à suivre les navires passant au large ; mais, au lieu de labraquer sur la mer, je la tourne sur le chemin par oùdoit arriver le break.« Regarde dans cette longue-vue, lui dis-je, et tacuriosité sera satisfaite. »Elle regarde, mais sans voir autre chose que la routeblanche, puisque aucune voiture ne se montre encore.Alors, à mon tour, je mets l’oeil à l’oculaire :« Comment n’as-tu rien vu dans cette lunette ? dis-jedu ton de Vitalis faisant son boniment ; elle estvraiment merveilleuse : avec elle je passe au-dessus dela mer et je vais jusqu’en France ; c’est une coquettemaison aux environs de Sceaux que je vois ; un hommeaux cheveux blancs presse deux femmes quil’entourent : “Allons vite, dit-il, nous manquerons letrain, et je n’arriverai pas en Angleterre pour le baptêmede mon petit-fils ; dame Catherine, hâte-toi un peu, jet’en prie ; depuis dix ans que nous demeuronsensemble, tu as toujours été en retard. Quoi ? que veux-tu dire, Étiennette ? voilà encore Mlle Gendarme ! Lereproche que j’adresse à Catherine est tout amical. Est-ce que je ne sais pas que Catherine est la meilleure dessoeurs, comme toi, Tiennette, tu es la meilleure desfilles ? où trouve-t-on une bonne fille comme toi, qui nese marie pas pour soigner son vieux père, continuantgrande le rôle d’ange gardien qu’elle a rempli enfant, avec ses frères et sa soeur ?”« Puis avant de partir il donne des instructions pourqu’on soigne ses fleurs pendant son absence : “N’oubliepas que j’ai été jardinier, dit-il à son domestique, et que je connais l’ouvrage.” »Je change la lunette de place comme si je voulaisregarder d’un autre côté :« Maintenant, dis-je, c’est un vapeur que je vois, ungrand vapeur qui revient des Antilles et qui approche duHavre : à bord est un jeune homme revenant de faire unvoyage d’exploration botanique dans la région del’Amazone : on dit qu’il rapporte toute une floreinconnue en Europe, et la première partie de sonvoyage, publiée par les journaux, est très curieuse ; sonnom, Benjamin Acquin, est déjà célèbre ; il n’a qu’unsouci : savoir s’il arrivera à temps au Havre pourprendre le bateau de Southampton et rejoindre safamille à Milligan-Park ; ma lunette est tellementmerveilleuse qu’elle le suit ; il a pris le bateau deSouthampton ; il va arriver. »De nouveau ma lunette est braquée dans une autredirection et je continue :« Non seulement je vois, mais j’entends : deuxhommes sont en wagon, un vieux et un jeune : “Commece voyage va être intéressant pour nous ! dit le vieux. – Très intéressant, magister. – Non seulement, mon cherAlexis, tu vas embrasser ta famille, non seulement nousallons serrer la main de Rémi qui ne nous oublie pas,mais encore nous allons descendre dans les mines dupays de Galles ; tu feras là de curieuses observations, et,au retour, tu pourras apporter des améliorations à laTruyère, ce qui donnera de l’autorité à la position quetu as su conquérir par ton travail ; pour moi, jerapporterai des échantillons et les joindrai à macollection que la ville de Varses a bien voulu accepter.Quel malheur que Gaspard n’ait pas pu venir.” »J’allais continuer, mais Lise s’était approchée demoi ; elle me prit la tête dans ses deux mains et, par sacaresse, elle m’empêcha de parler.« Ô la douce surprise ! dit-elle, d’une voix quel’émotion faisait trembler.– Ce n’est pas moi qu’il faut remercier, c’estmaman, qui a voulu réunir tous ceux qui ont été bonspour son fils abandonné ; si tu ne m’avais pas fermé labouche, tu aurais appris que nous attendons aussi cetexcellent Bob, devenu le plus fameux showman de l’Angleterre. »À ce moment, un roulement de voiture arrive jusqu’à nous, puis presque aussitôt un second ; nouscourons à la fenêtre et nous apercevons le break danslequel Lise reconnaît son père, sa tante Catherine, sa soeur Étiennette, ses frères Alexis et Benjamin ; prèsd’Alexis est assis un vieillard tout blanc et voûté, c’estle magister. Du côté opposé, arrive aussi le landaudécouvert dans lequel Mattia et Cristina nous font dessignes de main. Puis, derrière le landau, vient uncabriolet conduit par Bob lui-même ; Bob a toute latournure d’un gentleman.Nous descendons vivement l’escalier pour recevoirnos hôtes au bas du perron.Le dîner nous réunit tous à la même table, etnaturellement on parle du passé.« J’ai rencontré dernièrement à Bade, dit Mattia,dans les salles de jeu, un gentleman aux dents blancheset pointues qui souriait toujours malgré sa mauvaisefortune ; il ne m’a pas reconnu, et il m’a fait l’honneurde me demander un florin pour le jouer sur unecombinaison sûre ; c’était une association ; elle n’a pasété heureuse : M. James Milligan a perdu.– Pourquoi racontez-vous cela devant Rémi, moncher Mattia ? dit ma mère ; il est capable d’envoyer unsecours à son oncle.– Parfaitement, chère maman.– Alors où sera l’expiation ? demanda ma mère.– Dans ce fait que mon oncle, qui a tout sacrifié à lafortune, devra son pain à ceux qu’il a persécutés et dont il a voulu la mort.– J’ai eu des nouvelles de ses complices, dit Bob.– De l’horrible Driscoll ? demanda Mattia.– Non de Driscoll lui-même, qui doit être toujoursau-delà des mers, mais de la famille Driscoll ; MmeDriscoll est morte brûlée un jour qu’elle s’est couchéedans le feu au lieu de se coucher sur la table, et Allen etNed viennent de se faire condamner à la déportation ;ils rejoindront leur père.– Et Kate ?– La petite Kate soigne son grand-père toujoursvivant ; elle habite avec lui la cour du Lion-Rouge ; levieux a de l’argent, ils ne sont pas malheureux. »Lorsque le dîner est terminé, Mattia s’approche demoi et, me prenant à part dans l’embrasure d’unefenêtre :« J’ai une idée, me dit-il ; nous avons fait si souventde la musique pour des indifférents, que nous devrionsbien en faire un peu pour ceux que nous aimons.– Il n’y a donc pas de plaisir sans musique pour toi ?quand même, partout et toujours de la musique ;souviens-toi de la peur de notre vache.– Veux-tu jouer ta chanson napolitaine ?– Avec joie, car c’est elle qui a rendu la parole à Lise. »Et nous prenons nos instruments ; dans une belleboîte doublée en velours, Mattia atteint un vieux violonqui vaudrait bien deux francs, si nous voulions levendre, et moi je retire de son enveloppe une harpe dontle bois lavé par les pluies a repris sa couleur naturelle.On fait cercle autour de nous ; mais, à ce moment,un chien, un caniche, Capi, se présente. Il est bienvieux, le bon Capi, il est sourd, mais il a gardé unebonne vue ; du coussin sur lequel il habite il a reconnusa harpe, et il arrive en clopinant « pour lareprésentation » ; il tient une soucoupe dans sa gueule ;il veut faire le tour « de l’honorable société » enmarchant sur ses pattes de derrière, mais la force luimanque ; alors il s’assied et, saluant gravement « lasociété », il met une patte sur son coeur.Notre chanson chantée, Capi se relève tant bien quemal « et fait la quête » ; chacun met son offrande dansla soucoupe, et Capi, émerveillé de la recette, mel’apporte. C’est la plus belle qu’il ait jamais faite ; il n’ya que des pièces d’or et d’argent : – 170 francs !Je l’embrasse sur le nez comme autrefois, quand ilme consolait, et ce souvenir des misères de monenfance me suggère une idée que j’explique aussitôt :« Cette somme sera la première mise destinée à
fonder une maison de secours et de refuge pour lespetits musiciens des rues ; ma mère et moi nous feronsle reste.– Chère madame, dit Mattia en baisant la main dema mère, je vous demande une toute petite part dansvotre oeuvre ; si vous le voulez bien, le produit de monpremier concert à Londres s’ajoutera à la recette deCapi. »Une page manque à mon manuscrit, c’est celle quidoit contenir ma chanson napolitaine ; Mattia, meilleurmusicien que moi, écrit cette chanson, et la voici :










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مُساهمةموضوع: رد: "EN FAMILLE" dernier chapitre du roman "SANS FAMILLE " d'Hector Malot   الأحد 01 أبريل 2012, 22:56

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"EN FAMILLE" dernier chapitre du roman "SANS FAMILLE " d'Hector Malot

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